Tribune Emancipation : pas de projet éducatif sans projet de société !

, par  Emancipation 83

Ci-dessous la tribune d’Emancipation 83 publiée dans le bulletin de la FSU 83 de juin 2012. Elle porte sur la conception du système éducatif, à l’heure où des "concertation" douteuses sur ol’école se tiennent...

"Quel projet éducatif ?", pertinente question… surtout au vu de la peine des syndicats de la FSU à avoir de vraies positions communes sur des sujets cruciaux : "école du socle", masterisation…

Bien sûr, pour nous l’école doit donner aux jeunes les moyens de comprendre le monde, de pouvoir le transformer, et d’acquérir des valeurs (solidarité, laïcité, esprit critique…).

Et pour cela, deux impératifs s’imposent :

Un préalable : une rupture dans la politique éducative
La transformation capitaliste de l’école vise à former une main d’œuvre flexible et précarisée, dans le cadre d’un démantèlement des droits des salarié-e-s (statuts et conventions collectives).
Elle touche tout le système éducatif par une série de contre-réformes cohérentes, articulant autonomie des établissements et logique des "compétences" : livret personnel de compétences et "écoles du socle" (aboutissant à une déréglementation complète) dans les premier et second degrés ; LMD, LRU et plus récemment "nouvelle licence" dans le supérieur. Elle promeut une évaluation binaire de savoirs strictement utilitaristes et de comportements, au détriment de l’évaluation des connaissances, et de la formation des capacités de raisonnement et de réflexion critique.
Le nouveau gouvernement annonce la fin des suppressions de postes, mais ne semble pas remettre en cause cette politique éducative.
Un projet éducatif démocratique suppose donc d’abord d’obtenir l’abrogation de toutes les contre-réformes !

Articuler projet éducatif et projet de société émancipateurs
Un projet d’école démocratique :
- n’a de sens qu’inséré dans un processus de rupture avec le système capitaliste.
- doit avoir un contenu : l’éducation intégrale, la possibilité pour chacun-e de développer l’ensemble de ses potentialités dans tous les champs du savoir, sans spécialisation précoce et sans séparer les jeunes dès l’enfance (une seule école, publique et laïque) : autrement dit une culture émancipatrice, et non pas l’adaptation aux besoins du patronat.
- nécessite de pouvoir développer des pédagogies axées sur la coopération et non la compétition. Ce qui implique effectifs réduits et travail en groupes restreints, dispositifs de lutte contre la difficulté scolaire, etc.

Un tel projet est inséparable de la défense des conditions de travail des personnels : rétablissement de tous les postes supprimés, des personnels tous / toutes titulaires (titularisation immédiate des précaires), formé-e-s (abrogation de la "masterisation"), sans tutelles hiérarchiques et contrôle managerial (qui s’opposent toujours aux préoccupations pédagogiques). Et donc la suppression de tous les dispositifs de globalisation et annualisation des services, contractualisation, "entretiens d’évaluation"…

Contact : quentin.dauphine@emancipation.fr

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