Le militarisme bouge encore dans le Var…

, par  Emancipation 83

Nous publions ci-dessous une analyse du Groupe Départemental varois d’Emancipation, concernant des actions de type militaristes au sein del’Education nationale. ce texte sera aussi bientôt disponible dans la revue L’Emancipation syndicale et pédagogique de février 2012.

Le militarisme bouge encore
dans le Var…

Le Var est connu pour être le département le plus militarisé de France. Cela oblige-t-il pour autant l’Inspection d’Académie à faire du zèle ?

Dessins d’enfant…
Le 7 octobre, l’Inspection Académique du Var a faite parvenir aux enseignant-e-s des écoles un courrier leur demandant de s’associer avec l’association "Solidarité défense" afin "d’expliquer aux élèves les missions des soldats français au service de la paix afin des les aider à produire des dessins qui pourraient constituer un témoignage en forme de soutien" aux troupes envoyées dans les "OPEX" (Opérations Extérieures). Il s’agit d’une association agissant en milieu éducatif, ce qui est son droit. Son objectif n’est pas caché : soutenir la politique extérieure – et en particulier sa composante militaire - du gouvernement.
Car avec les OPEX, de quelles "missions au service de la paix" s’agit-il ? L’occupation d’un des pays les plus pauvres du monde comme l’Afghanistan, pour des raisons essentiellement liées à la richesse du sous-sol de ce pays, serait une contribution à la paix qu’il faudrait soutenir ? Le même type de questions peut être posé concernant le rôle que font jouer les gouvernements successifs à l’armée française en Afrique, pour y défendre des dictatures et des intérêts de grands groupes capitalistes. Plutôt que de "mission de paix", il faudrait parler d’opérations de guerre pour des motifs nationalistes, et c’est cela qu’il est proposé de soutenir !
Il est important de rappeler que les enseignant-e-s sont libres de leurs choix pédagogiques, et ils n’ont aucune raison de se prêter à des opérations destinées à promouvoir le nationalisme et les orientations militaires du gouvernement en place. Ils ont en revanche toutes les raisons de s’opposer à une opération qui s’inscrit dans une perspective de soutien au militarisme, matérialisée par le protocole "Défense-Éducation nationale".

… et desseins gouvernementaux
Cette initiative n’est en effet pas isolée : depuis 1982 et le "Protocole Défense-Éducation nationale" les gouvernements entendent impulser un rapprochement entre l’armée et l’éducation. Ainsi le "protocole" de 1982 a été revu en 2007 pour être étendu aux écoles primaires. Il a été renommé en mars 2011 "Défense et sécurité globale" et prévoit de mettre en place des "classes de défense et de sécurité globales". Il se décline en protocoles régionaux, comme le "protocole défense éducation pour la zone de défense Sud" conclu en mars 2010 entre les recteurs des académies du Sud de la France. Ainsi l’initiative de l’Inspection d’Académie du Var s’intègre dans l’extension de dispositifs existants, orientés vers le soutien à la politique extérieure et aux opérations militaires du gouvernement.
Cette initiative est en cohérence avec l’offensive idéologique de l’UMP et de Sarkozy : xénophobie, variations autour du "choc des civilisations", mesures contre les immigré-e-s, Roms, sans-papiers…

Abrogation des accords armée / Éducation !
Depuis la mise en place du "protocole" en 1982, l’École Émancipée puis Émancipation ont dénoncé son rôle. Rôle plus visible ces dernières années, comme en témoigne la formation imposée aux enseignant-e-s stagiaires de l’académie de Bordeaux en décembre 2010, fortement contestée par ces dernièr-e-s. Il s’agit non seulement de répondre aux besoins de recrutement de l’armée, mais aussi de façonner les esprits dans une optique nationaliste et militariste (préambule du protocole de1982 : "La notion de sécurité est indissociable en France de l’existence d’une communauté nationale façonnée par l’Histoire, animée d’un véritable esprit de défense. […] La mission de l’Education nationale est d’assurer une éducation globale visant à former les futurs citoyens responsables". Tout en tartufferie d’ailleurs : alors que c’est de guerre qu’il s’agit, pas une seule fois ce mot n’est utilisé dans les textes en question… il ne s’agit que de "défense" ; l’État impérialiste français ne fait jamais que se "défendre", c’est bien connu !
Il importe donc d’agir pour supprimer l’ensemble de ces dispositifs. Mais aussi pour promouvoir une éducation à la paix, contre le racisme, la xénophobie, les sexismes et les discriminations.

Groupe Départemental
Émancipation 83

Des classes Défense globale dans les collèges
Des classes "Défense globale" sont apparues dans l’académie de Nice, en pointe dans ce domaine, dès 2008 à l’initiative d’une enseignante varoise (actuellement responsable du dossier auprès de l’Inspection académique du Var) qui secondait le représentant du recteur au sein du trinôme académique Éducation, Armées, Défense. Ces actions soutenues par le Rectorat bénéficient d’un volet du Plan académique de Formation. En 2011, elles concernaient cinq classes dans trois collèges et un lycée professionnel varois (voir informations actualisées sur ces activités sur le site http://defenseglobale.fr/ animé par la responsable académique du dossier).

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