Compte-rendu de l’AG de grévistes de Draguignan (23 septembre)

, par  Emancipation 83

AG de 32 personnes

secteurs représentés : une dizaine dans l’éducation, 2 santé, 1 télécom, 1 poste, 2 assurances, plusieurs retraité-e-s, une dizaine de lycéen-ne-s

La discussion s’engage sur le constat de la montée en puissance du mouvement au vu de la manifestation dracénoise du matin : près de 4000 manifestants (à rapporter aux 2500 de la dernière fois), et donc environ 30 000 dans le Var.

Rappel que les structures syndicales appellant à cette AG contestent l’efficacité des grèves ritualisées "saute-mouton" et défendent la reconduction ou à tout le moins un durcissement du mouvement... Mais constat également qu’il y a une contradiction entre la nécessité de la reconduction/durcissement et le nombre de présents à l’AG, qui est beaucoup trop faible pour pouvoir décider de ce genre de chose.

Discussions :
- sur les poids qui pèsent sur la mobilisation et en particulier sur un mot d’ordre de reconduction : la faiblesse des revenus peut poser problème pour une grève reconductible. Plusieurs interventions ont lieu en réponse à ce problème : il nous faut mettre l’accent sur la comparaison entre ce que nous perdons en faisant grève et ce que nous perdons si la réforme passe. Il faut rendre publique cette compraison et communiquer là-dessus. Cela permet de déplacer la question sur le problème de l’efficacité de la grève, ce qui est le meilleur terrain pour montrer que seule la reconduction peut rendre une grève efficace.

- sur l’efficacité ou l’inefficacité des grèves et manifs : la comparaison est faite entre les grèves mensuelles "saute-mouton" de 2008 qui n’ont abouti à rien (dans la grande unité intersyndicale) et l’efficacité de la mobilisation sur le CPE. Dans ce dernier cas, certains rappellent en particulier l’importance de la mobilisation de la jeunesse, les blocages, et l’existence d’une mobilisation montant en puissance sur des dates rapprochées... Sur la question de l’efficacité des grèves, d’autres évoquent le front populaire et insistent également sur l’importance cruciale de chercher à bloquer l’activité économique dans la durée (pas seulement un jour) pour contraindre la bourgeoisie a céder politiquement.

- sur la mobilisation dans le milieu lycéen : pour l’instant la mobilisation reste faible. Une partie du problème pour élargir la mobilisation vient d’un sentiment d’inefficacité des grèves/manifs de la part des jeunes. Une autre partie du problème vient du défaut d’information ou de la désinformation médiatique sur le sujet des retraites, et sur l’importance que cela peut avoir pour la vie (cela semble lointain). Les lycéens nous demandent notre soutien pour constituer au lycée un comité d’action qui permettrait de moins "improviser"au dernier moment et de moins faire reposer le mouvement sur un ou deux leaders (une "coopérative", qui serait d’abord tournée vers la discussion et l’information).

- sur le plan de la contre-information et des contre-propositions : certains mettent l’accent sur la nécessité de faire de l’éducation populaire face à la désinformation (tournant néolibéral, détricotage des acquis du Conseil National de la Résistance, arguments chiffrés sur la productivité et le partage de la valeur ajoutée). D’autres pensent que les gens savent bien maintenant de quoi il retourne, sont majoritairement contre le projet de loi, mais que le problème est davantage celui de l’efficacité des actions proposées dans le cadre intersyndical. Discussion sur le fond du projet de loi, en particulier avec les jeunes pour qu’ils puissent faire circuler un décrypage du projet de loi (augmenter la durée de cotisation = baisse globale des pensions, report de l’âge légal = plus de chômeurs en fin de droit ou alors plus de chômage des jeunes..., il ne manque pas d’argent pour maintenir la retraite à 60 ans et même revenir aux 37.5 annuités mais il faut le prendre là où il est en augmentant les cotisations, revendications de partage du travail et des richesses...). Plusieurs font la relation avec un système global (capitalisme) et font donc la relation entre le combat pour les retraites par répartition et un combat plus global à mener pour des raisons sociales comme écologiques.

- sur le plan de l’action : débat sur l’unité intersyndicale (unité d’action ou d’inaction ?), et débat sur les actions locales. Que faire dans l’attente de décisions nationales ? Bloquer un supermarché, symbole du capitalisme ? Pas assez nombreux pour l’instant... Se donner un point de rendez-vous hebdomadaire en espérant faire venir de plus en plus de monde dans la contestation ? Nous finissons par adopter au consensus la proposition de Laurent : déambulation ce samedi (et éventuellement tous les samedi) dans les rues commerçantes de Draguignan avec mégaphone et banderole sur le thème ironique "retraites en solde, nous ne pourrons plus venir acheter chez vous", avec au terme de la déambulation un arrêt sur la place du marché pour discussion collective en cercle.

Proposition d’action :
rendez-vous est donc pris ce samedi à 9h place René Cassin (près de la mairie et du cinéma) pour une déambulation ironique avec banderole (les lycéen-ne-s s’en chargent) et mégaphone.

Aucune étiquette, aucun logo : c’est une action citoyenne.

L’assemblée générale des grévistes, réunie ce jeudi 23 septembre à 14h à Draguignan, a décidé d’organiser samedi 25 septembre une déambulation dans les rues de la ville pour dénoncer le projet de loi sur les retraites que le gouvernement cherche à imposer aux citoyens.

Cette déambulation citoyenne, ouverte à tous et toutes, et qui pourrait être reconduite de semaine en semaine en espérant être de plus en plus nombreux, prendra un tour humoristique : il s’agira de parcourir les rues commerçantes de la ville en affirmant avec banderole et mégaphone que les retraites étant désormais en solde, nous ne pourrons plus à l’avenir venir acheter quoi que ce soit ici.

Cette déambulation commencera à 9h place René Cassin (près du cinéma et de la mairie) et se terminera par un cercle de discussion sur la place du marché.

Merci de diffuser l’information : soyons nombreux, de plus en plus nombreux.

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