Pour défendre vraiment les retraites : revendications claires et arrêt du « dialogue social »

, par  Emancipation 83

Ci-dessous et en pièce jointe, le tract d’Emancipation sur cette question.

Affaibli par leur défaite électorale aux régionales, Sarkozy et son gouvernement s’appuient encore plus sur le dialogue social pour faire passer la « réforme » des retraites.

Les mois de concertation dans le cadre du COR leur permettent de considérer qu’il y a un « diagnostic partagé »et de brandir le soi disant « déficit » pour justifier une nouvelle réforme : la question est donc poser aux représentants syndicaux de leur démission du COR, pour cesser de servir de caution.

Sarkozy dément les « fuites » parues dans la presse, parce que son objectif est clair : gagner du temps et désarmer les résistances : « il ne faut pas mettre le feu avec des déclarations irresponsables » déclare-t-il selon le Canard Enchaîné.

Le gouvernement retarde le plus possible l’annonce officielle du projet qu’il veut faire adopter en conseil des ministres en juillet et voter en septembre.

D’ici là il cantonne les directions syndicales dans un rôle de faire valoir au niveau des multiples réunions sur la pénibilité, l’emploi des seniors, les spécificités de la Fonction publique, la gouvernance et le pilotage des retraites ; des rencontres sont aussi prévues avec les dirigeants des partis politiques et aussi dans les branches professionnelles et dans la Fonction publique pour « mouiller » les responsables syndicaux à tous les niveaux. L’exemple de pénibilité est éclairant : il s’agit d’obtenir un bonus pour quelques uns pour justifier un allongement de la durée de cotisation pour l’immense majorité.

Les dirigeants syndicaux affirment qu’il faut maintenir l’âge de départ à 60 ans, mais en se situant sur le terrain de la pénibilité, de « l’emploi »…ils lâchent sur la cohérence des revendications. La « retraite à 60 ans » sans le retour au 37.5 annuités c’est du vent.

Et cette collaboration avec le gouvernement va avec la division syndicale et les journées d’action : dispersées : 27 mai « pouvant donner lieu à des grèves et des manifestations interprofessionnelles dans les territoires », à l’appel de la CFDT, de la CGT, de la FSU, de Solidairespour « interpeller les pouvoirs publics » ; journée de « grève interprofessionnelle et manifestation » à l’appel de FO le 15 juin.

L’unité syndicale, avec les collectifs de défense des retraites, peut et doit se réaliser

Tout d’abord, la défense réelle des retraites impose des revendications claires, réalisant l’unité des travailleurs du public et du privé :
- Pour tous : maintien de l’âge de la retraite à 60 ans, retour aux 37.5 annuités, pour un taux plein de 75 %
Ce qui signifie pour la Fonction publique, la défense du code des pensions : 75% du salaire des six derniers mois. Ni relèvement de cotisation, ni caisse spécifique, ni mise en cause des acquis (familiaux, régimes spéciaux…) et pour le privé : la défense du salaire différé/mutualisé, du système des retraites par répartition : 75% de la moyenne des salaires sur les 5 meilleures années.
- ré-indexation des pensions sur les salaires, ceux-ci étant au moins indexés sur les prix.
- abrogation de toutes les réformes qui ont dégradé les retraites et les pensions : décrets Balladur de 1993 ; loi Fillon de 2003 ; textes sur les régimes spéciaux de 2008
- arrêt immédiat et restitution des exonérations patronaleset paiement des arriérés de cotisations (et si cela ne suffit pas, augmentation des cotisations patronales). Les cotisations retraites des salariés du privé (part salariale et patronale) sont une fraction du salaire immédiatement reversée aux retraités (elles sont à défendre face aux propositions « d’autres pistes », « d’autres financements » qui dénaturent le système)

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