Les revendications n’attendent pas 2012 !

, par  Emancipation 83

Ci-dessous et en pièce jointe, l’edito du n°8 d’avril 2010 de la revue L’Emancipation, et qui donne notre sentiment sur la situation sociale actuelle et les tâches du syndicalisme.

Les revendications
n’attendent pas 2012 !

Nous ne prêterons pas dans cette revue au commentaire à perte de vue sur les résultats des élections régionales. Bien entendu, tout le monde aura pu constater le rejet du gouvernement Sarkozy-Fillon et de sa politique menée exclusivement dans l’intérêt des grands groupes capitalistes.

En revanche, il est tout aussi visible dans le mouvement ouvrier, y compris au sein d’organisations syndicales, "on" nous parle maintenant de préparer 2012 et "l’alternance". Quelle "alternance" ? Celle de responsables du PS comme François Hollande déclarant sans vergogne, après une journée d’action sur les retraites et un désaveu électoral de Sarkozy, que "sans doute faut-il allonger la durée des cotisations" pour la retraite ?

Alors que le moins qu’on puisse attendre des directions du mouvement ouvrier – sans même parler d’avancer des mesures contre le capitalisme, dont la faillite est de plus en plus visible dans le monde (voir article de Pierre Stambul dans ce même numéro) - , ce serait de revendiquer l’abrogation de toutes les mesures réactionnaires de ce gouvernement, qu’il serait trop long de lister ici…

Et d’impulser l’organisation de luttes sur ces bases. Y compris d’ailleurs des partis préoccupés avant tout des échéances électorales, qui devraient au moins s’appuyer sur cette victoire électorale de la gauche pour faire des instances locales des pôles de résistance à la politique gouvernementale, et pour imposer un recul au gouvernement sur la réforme des collectivités territoriales.

Mais, on le sait bien, maintenant l’essentiel se joue dans la lutte des classes directe, surtout qu’il n’y a plus d’élection de portée nationale comme facteur de polarisation des énergies militantes. Et de ce point de vue, il y a fort à faire !

Commencé début février, le mouvement de grève contre les suppressions de postes et les réformes, structuré en AG des établissements, a innervé la région parisienne. Sa force d’entrainement est réelle, amenant les organisations syndicales à appeler à la grève le 12 mars sur des positions reprenant les revendications des AG (retrait des "réformes", restitution des postes supprimés). Les actions locales se développent dans des établissements sur toute la France, s’enracinant dans des AG de ville avec les parents.

Mais ensuite, au lieu de généraliser le mouvement à partir des secteurs les plus mobilisés… est arrivé l’appel au 23 mars, organisant une semaine "blanche" et qui plus est sur la base d’une plateforme alignée sur les positions de la direction CFDT : aucune référence aux 37,5 annuités ni même au refus de l’allongement des annuités, pas de revendication salariale, d’arrêt des licenciements…

Depuis, silence des directions syndicales majoritaires alors que le potentiel de mobilisation existe. En même temps le gouvernement n’a pas perdu de temps pour annoncer le maintien de sa politique et sa volonté d’accélérer la réforme des retraites. Pourtant les personnels de l’éducation ont montré leur disponibilité pour l’action, l’urgence n’est pas à se fourvoyer dans les discussions impulsées dans "l’agenda social" de Sarkozy (qu’y a-t-il à négocier quand le seul but est de faire avaliser la casse des statuts et des services publics ?). Elle est à reprendre l’action, par la grève et l’auto-organisation des luttes, jusqu’à la rentrée si nécessaire, sur les bases qui ont été exprimées par les personnels en AG : retrait des réformes qui cassent l’éducation, maintien de tous les postes et titularisation des personnels précaires !

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Quentin Dauphiné

30/03/2010

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