Boycott et sabotage : un débat dans la CGT

, par  Emancipation 83

Boycott et sabotage :
un débat dans la CGT

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Nous reproduisons ci-dessous un passage de l’ouvrage Émile Pouget, la plume rouge et noire du Père Peinard , avec une présentation par son auteur, Xosé Ulla Quiben. Ce livre a été publié en 2006 aux Éditions Libertaires, nous nous en étions fait l’écho dans notre numéro 8 de mai 2006. Xosé Ulla Quiben est un instituteur qui milite à Sud Éducation (Aveyron). Nous le remercions de nous avoir permis de reproduire un extrait de la quatrième partie de son livre.

"Je le serine aux fistons qui ont du poil au ventre : qu’ils ne perdent de vue ni le présent, ni l’avenir. De la sorte, ils activeront la germination des idées galbeuses et de l’esprit de rebiffe."
É mile Pouget, 1911 .

L’idée de faire ce livre m’est venu un soir de 2003.
Le train venait de me déposer en gare de Decazeville.
J’avais passé la journée à manifester à Paris avec près de 100 000 personnes en criant "Grève Générale !" Et dans le train du retour, entouré de camarades de la FSU et de la CGT, j’avais demandé : "Alors, que faites-vous demain ?" Il m’avait été répondu : "Ben demain, on reprend le boulot parce que le copain Thibault prévoit un autre temps fort pour dans... 15 jours".
Effarement !
C’était en mai 2003, lors des journées d’action sur les retraites...

Aux origines du syndicalisme
Ainsi donc, c’était ça le syndicalisme ? Râler dans les rues, sagement, puis attendre les consignes parisiennes ? Ca m’a donné envie de fouiller les origines du syndicalisme.... celui que l’on disait "révolutionnaire", celui d’avant 1914, celui qui a rédigé la Charte d’Amiens avec les principes de la "double besogne" : défendre les acquis et se battre pour changer la société. Celui qui considérait les journées de grèves comme de la gymnastique révolutionnaire à condition qu’elle prépare à la grève générale, celle qui amènerait à la Sociale.
Grâce à ces militants syndicaux , le mouvement ouvrier agagné la journée de repos du dimanche, la journée de 8 heures, la fermeture des agences d’intérim de l’époque appelées bureaux de placements... Mais à quel prix ! Certains de ces militants ont fini au bagne, d’autres ont passé des années en prison...
C’était un syndicalisme de combat et non d’accompagnement, comme aujourd’hui. En 1906, quand la CGT organisait des manifs, c’était la peur chez Clémenceau et les bourgeois... A cette époque, on ne négociait pas, on se battait pour gagner : on ne s’asseyait pas autour d’une table avec des patrons que l’on bataillait à détruire... Les concepteurs de ce syndicalisme s’appelaient Pelloutier, Tortelier et, entre autres, Émile Pouget.

Brève présentation
Émile Pouget est un des acteurs de la longue histoire pour l’émancipation de la classe ouvrière. Né en 1860 à Pont de Salars (Aveyron), il est marqué à jamais par le procès des communards de Narbonne qui se tient à Rodez, et affûte sa plume incisive et révoltée dès ses années lycéennes.
Monté à Paris, il est condamné à huit ans de prison pour avoir protégé Louise Michel à la manifestation des sans-travail.
Sa plume rouge et noire donne vie au virulent Père Peinard , journal pamphlétaire anarchiste….
Condamnations, prison puis exil…. Le gniaff journaleux n’en finit pas de s’adresser aux bons bougres et aux bonnes bougresses qui peinent dans la mistoufle, conspuant les bouffe-galettes (députés) de l’Aquarium (Chambre – Assemblée Nationale) aussi bien que les pisse-froids de socialos….
Le Préfet de l’Aveyron écrit au Ministre de l’Intérieur en mars 1894 : "Cet individu est considéré dans le pays comme dangereux"
Effectivement, avec les anarchistes d’avant la grande guerre, il ouvre la voie au syndicalisme révolutionnaire en participant à la fondation de la C.G.T.

Anarchisme et syndicalisme
Émile Pouget a maintenant 37 ans (1897).
Depuis 1894, le devenir de la mouvance anarchiste le taraude. Avec son hebdomadaire Le Père Peinard , il maintient vivant l’idéal libertaire ; à travers ses textes, ses écrits, il théorise cette philosophie de vie.
Mais Pouget se veut aussi pragmatique. Il ne peut concevoir théorie sans passage à la pratique et veut sortir du terrain des mots et rentrer dans celui de l’action : "Jusqu’ici les travailleurs se sont affirmés révolutionnaires mais la plupart du temps ils sont restés sur le terrain théorique. Dans nos réunions, on lève toujours les séances au cri de « Vive la Révolution Sociale ! » et ces clameurs s’envolent sans bruit...".
L’auteur du Père Peinard , convaincu de l’utilité du mouvement corporatiste, était partisan de l’entrisme des anarchistes dans les syndicats, seul lieu où ils pourraient être efficaces sans pour autant risquer le bagne, où ils pourraient diffuser leurs idées révolutionnaires dans la classe ouvrière et surtout travailler à les mettre en pratique, de manière collective. Dans "ces syndicales" s’y regroupaient les ouvriers rebelles, même si parfois ils y étaient en minorité. C’est auprès d’eux et avec eux, que Pouget croyait possible la construction de la Révolution Sociale. "C’est cette minorité désintéressée et tolérante – n’attachant d’importance qu’au but essentiel : La Révolution - qu’il importe, dès à présent, de constituer ; et c’est pourquoi on ne saurait qu’approuver la pénétration des militants révolutionnaires dans les organisations syndicales" écrivait-il dans le Père Peinard le 31 janvier 1897.
Pour le moment, le mouvement social est agité parfois d’actions spontanées, comme à Decazeville, ou alors, le plus souvent de grèves partielles. Ces dernières n’emportent pas l’adhésion des anarchistes qui n’avaient pour but que la grève générale, levier de la Sociale. Certains d’entre eux préféraient même les négociations patronales à la grève de un ou deux jours, purement corporative et qui n’apportait rien à leur combat anarchiste. Les compagnons devaient-ils se morfondre, en attendant la Sociale, se contentant d’écrits, de publications, de la diffusion de chansons, et de temps en temps de quelques réunions ? L’époque des attentats semblait révolue, tout au moins en France, et la propagande par le fait cherchait une autre voie.
C’est Pouget qui , un des premiers, avec Fernand Pelloutier des Bourses du Travail, entrevoit cette nouvelle perspective : il faut s’investir dans les syndicales, véritables écoles pratiques du communisme, et y développer une stratégie de lutte, l’action directe, avec des moyens appropriés, passerelles entre la grève partielle et la grève générale, et surtout qui permettraient une mise en pratique des idéaux des compagnons : ce seront le "sabottage" et le boycottage ; le premier, étant une pratique individuelle, très souvent utilisée mais de manière inconsciente, et qui devrait emporter l’adhésion des compagnons ; quant au second, c’est une action collective, menée par la minorité et qui entraîne la masse, cela aussi ne devrait pas déplaire aux anarchistes. Pouget était déterminé, en cette année 1897, à s’investir dans la propagation de ces méthodes de luttes afin d’entraîner avec lui ses compagnons dans ce qui lui semble être la seule perspective permettant d’arriver à la Révolution Sociale.

Pouget au congrès de Toulouse (1897)
Ce matin du 14 septembre, Émile Pouget attend le train en gare d’Austerlitz. Il se rend, en tant que délégué de la Bourse indépendante d’Amiens, à Toulouse pour le congrès de la Fédération nationale des Bourses du travail.
Son arrivée à la gare Matabiau ne passe pas inaperçue. Le commissaire spécial de la police des chemins de fer remarquera la présence de "l’anarchiste Pouget" marchant sur les quais en compagnie des autres délégués dont certains portaient "des drapeaux cravatés de rouge et enroulés autour de la hampe de façon à ce que cette couleur soit seule apparente". Pouget compte rester dans la ville rose jusqu’au 25 septembre, car le troisième Congrès de la CGT naissante doit se tenir aussitôt après celui des Bourses…
A Paris, avant de partir, il a laissé, sur le marbre de son imprimeur, un long texte intitulé Le sabottage , manifeste de la désobéissance, et qui doit paraître, dans son hebdomadaire, le 19 septembre, la veille du congrès de la CGT. Le Père Peinard y explique de manière très didactique, et avec de nombreux exemples concrets, ce qu’est cette nouvelle méthode d’action : "J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer aux bons bougres ce qu’est le sabottage : c’est le tirage à cul conscient, c’est le ratage d’un boulot, c’est le coulage du patron... tout ça pratiqué en douce, sans faire de magnes, ni d’épates".
Le 20 au matin, dans l’amphi de l’ancienne faculté de lettres, rue Rémusat, les quatre-vingt deux délégués ont pratiquement tous découvert ce texte dans le Père Peinard de la semaine.
Dès le premier jour, saisissant une demande de blâme de la CGT envers le Préfet de la Seine , Émile Pouget prend la parole : "Mon avis est qu’au lieu de se borner à protester, mieux vaudrait entrer dans l’action et qu’au lieu de subir les injonctions des dirigeants, de baisser la tête quand ils dictent leurs fantaisies, il serait plus efficace de répondre du tac au tac. Pourquoi ne pas répliquer à une gifle par un coup de pied ?...". Toujours efficace, Pouget propose aussitôt la mise en pratique, demandant une application du principe de sabottage. Il souhaite obtenir de la CGT un mot d’ordre syndical encourageant les travailleurs municipaux à faire pour 100000F de dégâts pour récompenser le Préfet de son veto. C’est un flop, mais pour Pouget, un des buts était déjà atteint : "l’attention du Congrès était en éveil, la discussion était ouverte, la réflexion aguichée".

Le boycott comme forme d’action
Sabottage et boycottage étaient mis à l’ordre du jour. Une commission, composée de huit délégués se mit à la tâche pour rédiger un texte qui suivait, dans ses grandes lignes et en langage plus traditionnel, les propos tenus par le Père Peinard dans l’hebdo de mi-septembre.
C’est Paul Delesalle, rapporteur de la commission, qui monte à la tribune pour présenter le texte. En voici quelques extraits :
"Le boycottage, en effet, est d’origine et d’essence révolutionnaire. Ses origines sont connues : en Irlande, le régisseur des énormes domaines de lord Erne, dans le comté de Mayo, le capitaine Boycott, s’était tellement rendu antipathique par des mesures de rigueur envers les paysans que ceux-ci le mirent à l’index : lors de la moisson de 1879, Boycott ne pu trouver un seul ouvrier pour enlever et rentrer ses récoltes ; partout, en outre, on lui refusa les moindres services, tous s’éloignèrent de lui comme d’un pestiféré.

Le gouvernement, émotionné, intervint, envoya des ouvriers protégés par la troupe, mais il était trop tard : les récoltes avaient pourri sur pied.

Boycott, vaincu, ruiné, se réfugia en Amérique. Ces jours derniers, on a annoncé sa mort.

Le boycottage, commencé contre Boycott se continua en Irlande.

D’Irlande, il passa en Angleterre et se répandit bientôt sur le continent".
Ensuite Delesalle donne quelques exemples concrets de boycottages : "Et les employés londoniens ne s’en tinrent pas là. On nous présente souvent les travailleurs anglais comme étant très peu révolutionnaires, - c’est là une appréciation inexacte. Ainsi, dans cette campagne de boycottage, les employés usèrent des procédés révolutionnaires, tels que bris de matériel, prises d’assaut des magasins, etc.

Un jour, entre autres, les boycotteurs entrèrent dans un magasin de jambons, attrapèrent les victuailles et les jetèrent à la rue. Et ce fait ne fut pas isolé : bien d’autres actes de ce genre seraient à citer. Et c’est parce que les boycotteurs furent audacieux et énergiques que la victoire leur resta ; depuis cette époque, une fois par semaine, entre 3 et 5 heures de l’après-midi, les magasins de nouveautés et autres ferment leurs portes".

Le congrès de la CGT pour le "sabottage"
Le texte pose ensuite la question qui agite de nombreux anarchistes, et principalement Émile Pouget : "Pourquoi n’agit-on pas ?... il est regrettable que les Congrès, affirmant toujours leur fermeté révolutionnaire, n’aient pas encore préconisé de résolutions pratiques pour sortir du terrain des mots et entrer dans celui de l’action". Alors, Paul Delesalle propose d’agir avec la méthode du sabottage (1){{}} : "À ce propos, nous croyons utile de vous citer l’appel lancé dernièrement par « l’Union internationale des chargeurs de navires », qui a son siège à Londres :

« Qu’est-ce que Go canny ?

« C’est un mot court et commode pour désigner une nouvelle tactique, employée par les ouvriers au lieu de la grève.

« Si deux Écossais marchent ensemble et que l’un coure trop vite, l’autre lui dit : Go canny, ce qui veut dire : « Marche doucement, à ton aise. »

« Si quelqu’un veut acheter un chapeau qui vaut cinq francs, il doit payer cinq francs. Mais, s’il ne veut en payer que quatre, eh bien ! il en aura un de qualité inférieure. Le chapeau est une « marchandise ».

« Si quelqu’un veut acheter six chemises de deux francs chacune, il doit payer douze francs. S’il ne paie que dix, il n’aura que cinq chemises. La chemise est encore « une marchandise en vente sur le marché ».

« Si une ménagère veut acheter une pièce de bœuf qui vaut trois francs, il faut qu’elle les paye. Et si elle n’offre que deux francs, alors on lui donne de la mauvaise viande. Le bœuf est encore « une marchandise en vente sur le marché. »

« Eh bien, les patrons déclarent que le travail et l’adresse sont « des marchandises en vente sur le marché » - tout comme les chapeaux, la chemise et le bœuf.

« - Parfait, répondons-nous, nous vous prenons au mot.

« Si ce sont des « marchandises » nous les vendrons tout comme le chapelier vend ses chapeaux, et le boucher sa viande. Pour de mauvais prix ; ils donnent de la mauvaise marchandise, et nous en ferons autant.

« Les patrons n’ont pas droit de compter sur notre charité. S’ils refusent même de discuter nos demandes, eh bien, nous pouvons mettre en pratique le Go canny - la tactique de « travaillons à la douce », en attendant qu’on nous écoute. »

Voilà clairement défini le Go canny, le sabottage : à mauvaise paye, mauvais travail.

Cette ligne de conduite, employée par nos camarades anglais, nous la croyons applicable en France, car notre situation sociale est identique à celle de nos frères d’Angleterre". Puis viennent des exemples de mise en pratique, avant d’arriver à la conclusion : "Avec le boycottage et son complément indispensable, le sabottage, nous avons une arme de résistance efficace qui, en attendant le jour où les travailleurs seront assez puissants pour s’émanciper intégralement, nous permettra de tenir tête à l’exploitation dont nous sommes victimes".
La résolution suivante est proposée : "Chaque fois que s’élèvera un conflit entre patrons et ouvriers soit que le conflit soit dû aux exigences patronales, soit qu’il soit dû à l’initiative ouvrière, et au cas où la grève semblerait ne pouvoir donner des résultats aux travailleurs visés : que ceux-ci appliquent le boycottage ou le sabottage - ou les deux simultanément - en s’inspirant des données que nous venons d’exposer".
Le rapport est accueilli par de nombreux applaudissements et personne ne prend la parole contre.
L’unanimité autour de ce texte redonnait de l’espoir pour l’avenir, ce qui permettait à Émile Pouget d’écrire dans son journal : "Et je vous l’assure, les camaros, cet enthousiasme n’est pas le résultat d’un emballement passager, -un feu de paille. Non pas !

L’idée du Sabottage ne restera pas à l’état de rêve bleu : on usera du truc !" (2).

Des méthodes de lutte adoptées par le syndicalisme
Le dernier jour du congrès, une réunion publique est organisée ; si, d’après les rapports de police, seules cent personnes y participèrent, ce fut l’occasion pour tous les délégués, qui s’exprimèrent à la tribune, de se féliciter de la tenue de ce congrès qui avait été le baptême syndical du concept de sabotage. Paul Delesalle rappela qu’il fallait envoyer à Émile Pouget toutes les propositions de mises en pratique du boycottage, en vue de l’édition d’une brochure spécialement destinée au boycottage et au sabottage (3). En 1911, lorsque paraîtra cette seconde édition, il insistera sur un point qui n’avait pas été abordé à Toulouse, le boycottage et le sabottage de la bourgeoisie, montrant par de nombreux exemples que ces moyens d’actions étaient depuis longtemps utilisés par cette classe pour augmenter ses profits : "les commerçants qui, en tripatouillant le lait, aliment des tout petits, fauchent en herbe les générations qui poussent ; les fariniers et les boulangers qui additionnent les farines de talc ou autres produits nocifs, adultérant ainsi le pain, nourriture de première nécessité", etc...
Le lendemain, après une courte nuit, Pouget prend le train en gare de Toulouse à 4h55, en compagnie de Sébastien Faure. En route vers Paris, Faure et Pouget débattirent longtemps sur ce Congrès. Faure ne voyait aucune issue, pour les anarchistes, en l’investissement des chambres syndicales, alors que pour Pouget, devenu un des principaux animateurs du mouvement syndical, s’investir dans ces structures ouvrières, c’était "apporter aux anarchistes un objectif qui serait l’organisation des rapports sociaux sur une base libertaire", en ayant bien entendu un objectif final qui serait la Révolution obtenue par la grève générale. Pour y parvenir, il faudra mettre à profit les méthodes de lutte préconisées à Toulouse, le boycottage, mise à l’index révolutionnaire, et le sabotage, formule de combat social qu’il souhaitait voir venir rejoindre la grève, dans le catalogue des moyens de luttes ouvriers. Ces méthodes feraient partie intégrante de la forme d’action unique du syndicalisme révolutionnaire, caractérisée par l’action directe, pas forcément violente, et exercée directement sur le patronat, sans intermédiaire, ni parlementaire, ou de quelque autre sorte d’ailleurs...

Xosé Ulla Quiben (Aveyron)
(article publié dans le n°3 de la revue L’Émancipation de novembre 2007)

(1) Rappelons que c’est Pouget qui inventa le terme. En 1911, il écrira : "(Le sabotage) a conquis droit de cité au Larousse, et nul doute que l’académie – à moins qu’elle n’ait été sabotée elle-même avant d’être parvenue à la lettre S de son dictionnaire- ne se résolve à tirer au mot « sabotage » sa plus cérémonieuse révérence et à lui ouvrir les pages de son officiel recueil", Le Sabotage , EP, Bibliothèque du Mouvement Prolétarien 1911.
(2) Le principe du "sabottage" comme moyen d’action sera rediscuté au différents congrès de la CGT jusqu’en 1900 (vote : pour : 117 ; contre : 76 ; blanc : 2) ; Pouget écrira en 1911, à propos de ce vote : "Ce vote précis clôtura la période de gestation, d’infiltration théorique du sabotage. Depuis lors, indiscutablement admis, reconnu et accepté, il n’a plus été évoqué aux Congrès corporatifs et il a pris rang définitivement au nombre des moyens de lutte préconisés et pratiqués dans le combat contre le capitalisme. Il est à remarquer que le vote ci-dessus, émis au Congrès de 1900, est déjà une indication du tassement qui va s’effectuer dans les organisations syndicales et qui va mettre les révolutionnaires à un pôle, les réformistes à l’autre. En effet, dans tous les Congrès confédéraux qui vont suivre, quand révolutionnaires et réformistes se trouveront aux prises, presque toujours la majorité révolutionnaire sera à peu près ce qu’elle a été dans le vote sur le sabotage, - soit dans la proportion des deux tiers, contre une minorité d’un tiers" ( Le Sabotage , EP, Bibliothèque du Mouvement Prolétarien 1911.).
(3) Celle-ci sera rééditée en septembre 2004 par les éditions Mille et Une nuits.

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