Le POSR et le syndicalisme révolutionnaire (partie 1)

, par  Emancipation 83

Quand un parti influence et structure le syndicalisme révolutionnaire :

Le POSR dans la France de la Belle époque (1890-1906) (1ère partie)

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Les 25 et 26 novembre 2006, s’est tenu à Nérac un colloque sur le centenaire de la "Charte d’Amiens". Notre camarade David Hamelin en a parlé dans le numéro 5 de notre revue. Nous publions ci-dessous la première partie de son intervention consacrée au rôle du courant "allemaniste" dans la formation du syndicalisme révolutionnaire. L’ensemble des interventions de ce riche colloque fera l’objet d’une publication, dont nous nous ferons l’écho bien entendu.

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La CGT de la Belle Époque, le poids de la mouvance libertaire et la Charte d’Amiens ont généré une multitude de travaux de qualité et aux interprétations les plus diverses.
Cette période, à première vue bien travaillée par l’histoire sociale a néanmoins laissé durant de très nombreuses années des zones d’ombre. L’historiographie a reflété avec une certaine force les clivages politiques du XXème siècle.

Les "allemanistes", un courant socialiste longtemps ignoré
Pour schématiser, on pourrait dire qu’il existe deux grands courants historiographiques : l’un antimarxiste et/ou libertaire survalorisant d’une part, et du coup déformant la réalité de la place des anarchistes et des syndicalistes révolutionnaires, et d’autre part dévaluant la place du courant Guesdiste ou étatiste au sein de cette confédération syndicale et laissant de côté certaines tendances médianes, ou autrement dit des groupes intermédiaires à l’image des Allemanistes, structurant le mouvement syndical naissant. L’autre grand courant est d’essence marxiste et a contribué à déformer gravement, selon nous, la réalité de l’époque, caricaturant ou grossissant le trait démontrant une CGT prompt à l’insurrectionalisme, et du coup délégitimant l’intérêt que l’on pourrait porter à la période (1).
L’affaiblissement de ces clivages ces dernières années a permis de faire émerger de nouveaux travaux et de nouvelles problématiques. Les récents travaux sur l’histoire du courant socialiste en témoignent.
Jusqu’au travail de Didier Bigorgne sur l’Allemanisme (2) peu de recherches s’étaient spécifiquement centrées sur ce courant du socialisme. On peut citer les travaux de Michel Winock qui fit part de ses investigations avec trois articles sur le sujet de l’Allemanisme au début des années 1970 dans la revue Le Mouvement Social . On dispose également de quelques biographies de militants du POSR, telle que celle de Jean-Baptiste Clément - plus connu pour ses chansons passées à la postérité - conçue par Didier Bigorgne mais aussi par Georges Renault. Eugène Guerard a quant à lui bénéficié d’une thèse en 1969 sous la plume d’Elie Fruit et bien entendu celle relative à Jean Allemane qui donnera son nom à ce courant, rédigée par Sian Reynolds en 1981.
À proprement parler les filiations directes avec l’allemanisme ne sont guère revendiquées dans le socialisme français à l’exception de quelques militants. Les récentes publications à l’occasion du centenaire du Parti Socialiste (3) mais aussi celles concernant le phénomène syndical et notamment celles initiées dans le cadre de la célébration du centenaire de la Charte d’Amiens n’ont pas considéré opportun d’actualiser nos connaissances sur ce sujet.
Le parcours d’un certain nombre des principaux leaders de ce courant après la première guerre mondiale a sans doute participé à la décrédibilisation de l’Allemanisme. Jean Allemane lui-même rejoint Gustave Hervé et Alexandre Zevaès dans le Parti socialiste national créé en 1919, regroupant les socialistes ralliés au nationalisme et dont certains évolueront vers le fascisme.
Pour saisir pleinement l’apport de l’allemanisme au mouvement syndical naissant il est utile d’effectuer un rapide historique de ce courant dans la France des années 1890.

Quelques rappels sur l’allemanisme
Les Allemanistes ne viennent pas de nulle part. Ils sont issus du "possibilisme", courant socialiste ayant une solide assise dans l’Ouest de la France des années 1880, organisé dans la Fédération des Travailleurs Socialistes de France (FTSF) mais au sein de laquelle les frictions se transforment en conflit ouvert notamment entre Jean Allemane et Paul Brousse au sujet des alliances électorales de plus en plus nombreuses avec les radicaux, ce qui n’est pas du goût du premier et de ses partisans.
Le groupe allemaniste après le congrès de Châtellerault de 1890 qui se solde par une scission ne tarde pas à se mettre en ordre de bataille. Ce nouveau groupement prend le nom de Parti Ouvrier Socialiste Révolutionaire (POSR). Ils modifieront le préambule de leur programme stipulant dès lors que l’action électorale n’était qu’un moyen d’agitation révolutionnaire et que la Révolution pouvait "seulement résulter des ouvriers eux-mêmes". Les premières assises du parti se tinrent au mois de juin 1891 à Paris.
Au cours de ses quatorze années d’existence on peut décrire brièvement les principales caractéristiques du POSR : c’est un parti qui a un recrutement essentiellement ouvrier et urbain. Les principaux leaders du mouvement sont fréquemment d’anciens communards, étant eux-mêmes ouvriers de profession. Le POSR a fait le choix d’une organisation interne souple avec un secrétariat dont sont exclus les patrons et les élus afin, je cite, de lutter "contre la reconstitution possible d’une puissance oligarchique quelconque". De ce fait et par le choix d’imposer le mandat impératif, le POSR n’hésitera pas à se séparer de nombre de militants. L’Union fédérative du Centre, la plus grosse sur le plan numérique, suite à un conflit en 1896 sur le fonctionnement interne et les questions financières, se sépare de deux de ses Députés.
Enfin ils obtiennent au cours des années 1890 1900 une très forte assise et une légitimité ouvrière du fait que ce parti agrège en son sein des chambres syndicales et des cercles idéologiques.

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Les problématiques de la Charte d’Amiens
Comme le rappelle Miguel Chueca qui a mené un travail original sur la Charte d’Amiens (4), il n’est pas certain que le débat autour de la proposition du syndicat du textile et la motion proposée alors par Victor Griffuelhes ai été perçu par les acteurs de l’époque comme un acte fondateur. Après tout, la première apparition du terme de Charte date en effet de 1912 sous la plume de Griffuelhes et Jouhaux dans un article du 22 août 1912 de La Bataille Syndicaliste . Ce n’est qu’après guerre que la notion de Charte d’Amiens sera popularisée tant d’ailleurs par ses détracteurs que ses admirateurs (5).
Il existe de très nombreuses interprétations et appropriations intellectuelles de cette Charte , et la célébration du centenaire de celle-ci ne semble pas avoir aidé à s’entendre sur l’une d’entre elles. Peut être peut on s’accorder sur le fait que cette Charte délimite deux périmètres, celui du syndical et celui du parti politique. Dans cette perspective je m’interrogerai ici sur la manière dont les allemanistes participent sur le plan théorique et pratique à construire cette frontière qui ne se réduit pas à la simple question de l’indépendance mais à deux façons en définitive d’envisager la transformation de la société.

Un corpus idéologique dépassant la dualité réforme/révolution
Les Allemanistes ont été accusés sûrement à tort de ne pas être de bons théoriciens à la différence des guesdistes, des vaillantistes, des anarchistes qui produisent à la fin du 19ème siècle de très nombreuses publications dans lesquelles fut précisé et affiné leur corpus idéologique. Lucien Herr (6) tentera sans vraiment de succès de sensibliser son camp à l’impérieuse nécessité d’un minimum de théorie ou d’économie politique. Pour autant, et malgré les apparences, ils se dotent -et lègueront au mouvement syndical naissant - d’un ensemble de valeurs tout à la fois pratiques et théoriques (7).
Pour eux, les réformes en tant que telles ne peuvent suffire à elles mêmes sans projet sociétaire. Elles ne peuvent avoir un caractère que provisoire et constituent un simple palliatif.
Ils réalisent une distinction entre réformes arrachées par le mouvement ouvrier qui sont salutaires et nécessaires, et celles émanant de la seule bourgeoisie dont il faut se méfier. Tout comme la CGT, ils s’opposeront par exemple au projet de réformes des retraites ouvrières sous le motif que les ouvriers allaient être obligés d’apporter une contribution à ce nouveau système, salué par ailleurs par nombre de socialistes. Il en sera de même au sujet de la loi sur les accidents du travail d’avril 1898 qui porte pour eux un caractère de classe avantageant indéniablement le patronat.
Aussi face à ces réformes qui viennent du haut, ils portent leur préférence sur les luttes revendicatives de petite dimension parfois censées porter des aspirations authentiques et de réelles problématiques. Ils participeront ou encourageront nombre de conflits collectifs tels que celui des Verriers de Carmaux de 1895.
Très rapidement, après leur départ de la FTSF, les allemanistes vont théoriser de manière originale le fait révolutionnaire. Ils considèrent en effet comme inséparables l’action politique et l’action économique, tout en subordonnant la première à la seconde.
Les allemanistes condamnent durement le syndicalisme réformisme strict et plus largement toutes les entraves à la lutte des classes, qui condamnent selon eux les travailleurs à associer en définitive le capital et le travail. Critiquant le Musée Social, Lavaud dénonce avec force en 1898 devant une assemblée de marins-pêcheurs, la propagande de cette institution philantropique créée quatre ans plus tôt. A la tribune, il déclare que "La Fédération des Bourses du Travail met en garde les Bourses du Travail contre l’oeuvre démobilisatrice du Musée Social qui a surtout pour objet la conciliation du capital et du travail, alors que l’objectif socialiste est la suppression du salariat".

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Des républicains convaincus
Si aujourd’hui le discours révolutionnaire peut apparaître anti-républicain et est perçu souvent comme tel, il n’est pas possible d’apposer cette image sur le courant allemaniste.
Au cours des années 1890, les Allemanistes s’illustreront à plusieurs reprises sur le terrain de la défense républicaine. C’est bien entendu le cas durant la crise Boulangiste et ses succédanés mais aussi lors de l’opposition anti-républicaine de 1893 qui exploitait les mécontentements liés au scandale de Panama, ou encore lors de l’affaire Dreyfus.
Au nom de la défense Républicaine, ils iront même jusqu’à soutenir Alexandre Millerand en juin 1899 lors de son entrée dans un gouvernement Waldeck Rousseau qualifié de "bourgeois", alors même que celui-ci comporte en son sein le général Gallifet, un ancien Versaillais appelé le "bourreau de Paris".
Cette attitude constante paraît au premier abord difficile à comprendre. Pourquoi, alors qu’ils critiquent sévèrement les institutions républicaines, s’en font-ils les premiers défenseurs lorsque celles-ci sont menacées ? Dans l’esprit des Allemanistes - et ils le démontrent dans différents contextes - dans toute situation, de périls qui plus est, il y a des priorités. Dans leur ensemble, critiques à l’égard de l’État bourgeois et du parlementarisme, les Allemanistes considèrent que la République ne constitue pas seulement une idéologie et un ensemble d’institutions, mais aussi un ensemble de valeurs telles que la liberté ou l’égalité que partagent amplement les Allemanistes.
Pour eux, le socialisme apparaît comme un stade ultime du républicanisme. Le Jura socialiste le 31 août 1897 ne précise-t-il pas que "Le socialisme est l’expression nette et la plus avancée de l’idée Républicaine" ?
De même le régime Républicain, malgré ses tares, apparaît comme un moindre mal par rapport aux régimes autoritaires d’essence monarchique ou impériale, car il permet une possibilité d’expression publique et la lutte des classes.

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Un outil le syndicat, un moyen la grève générale
Les allemanistes n’inventent pas le concept de grève générale. Cette notion est publicisée par la Première Internationale et par différents promoteurs anarchistes entre autres. L’idée est remise au goût du jour à la fin des années 1880, et les congrès ouvriers de cette période discutent de ce moyen spécifique d’action.
L’originalité des Allemanistes c’est d’avoir été le premier parti ouvrier français à intégrer ce moyen d’action dans son programme. Dans son congrès constitutif, le POSR affirme avec force qu’ "il est nécessaire d’envisager l’éventualité d’une immense levée des travailleurs, qui, par la grève générale et internationale donneront une sanction aux grèves partielles et affirmeront ainsi plus énergiquement leur droit à la vie". Cette même grève générale "doit être décrétée, et pourra peut-être précisément précipiter le dénouement pour la Révolution sociale, but de nos efforts" (8).
Dans un souci protagoniste le POSR se dote lors de son 14ème congrès d’un Comité de grève générale qui sera composé de onze membres adhérents par ailleurs à des syndicats. Ce comité sera entre autre animé par Henri Girard, lui même secrétaire du Comité de la grève générale de la CGT. Ce dernier écrira notamment avec Pelloutier l’ouvrage désormais connu Qu’est ce que la grève générale ? (9).
Les Allemanistes produiront de nombreux articles et conférences publiques sur cet outil révolutionnaire avec un ton passionné. Bien entendu dans l’argumentaire allemaniste la grève générale ne peut se décréter mais elle peut en revanche se préparer. D’ailleurs les multiples conflits du travail qui se développent au tournant du siècle constituent autant de preuves pour eux de l’appropriation de la grève comme moyen de lutte et d’éducation prolétarienne.
Les formes que pourraient prendre cette grève générale ne permettent pas de consensus. Alors que certains estiment que cette grève peut se dérouler pacifiquement, certains rappellent que les risques de violences de la part de la bourgeoisie semblent inéluctables comme a pu le prouver quelques décennies plus tôt l’expérience de la Commune de Paris. Pour beaucoup, la grève générale constitue le meilleur moyen d’assurer efficacement la révolution sociale.
Corollaire de la grève générale, le syndicat semble être le seul outil capable de mener à bien cette besogne.
Nous le verrons plus loin, le dévouement de nombre d’Allemanistes à la cause syndicale amène ceux ci à ne pas vouloir édicter la manière de réaliser le changement de société tant espéré.
La plupart des congrès allemanistes évoquent le rôle décisif des syndicats dans la lutte révolutionnaire. Il ne s’agit pas cependant pour eux de soutenir n’importe quel syndicalisme. Ils rejettent deux formes de syndicalisme : celui de type Guesdiste condamnant le syndicalisme à une expression purement économique et subordonnée au parti, mais aussi la variante réformiste du syndicalisme considérée comme favorisant l’association capital-travail.
Mais comment considèrent-ils leur place dans une conception qui fait du syndicalisme le promoteur essentiel du changement social ? Ils assignent aux syndicats et aux Bourses du travail un rôle crucial dans la transition révolutionnaire. Pour Fribourg s’exprimant dans le journal le Parti Ouvrier : "Les bourses du Travail doivent être l’endroit où s’étudieront les formules qui aideront à la transformation de la Société, l’arsenal où se forgeront les armes morales nécessaires à la lutte ; elles doivent aussi être le point de ralliement où viennent gronder toutes les justes colères, où se regroupent toutes les énergies populaires. Ce sont les foyers centralisateurs où s’allume le flambeau de la révolte".

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Un véritable modèle de société
Les allemanistes, enfin, évoquent régulièrement ce que pourraient être les bases d’une nouvelle société. Pour eux, la révolution n’est possible qu’en préparant au présent les structures qui permettront l’émergence d’institutions nouvelles. Dans cette optique, le syndicat constitue la cellule de base de la future société communiste. Ainsi le syndicat doit prendre en charge la production en gérant les entreprises par les travailleurs associés entre eux. Par la suite le syndicat est chargé de répartir le travail et d’assurer les salaires.
La commune quant à elle constituerait l’organisation de base territoriale. Pour les allemanistes, la possibilité de se débarrasser de l’État passe par la constitution d’une fédération de communes libres et souveraines.

(A suivre…)

David HAMELIN
(article publié dans le n°8 d’avril 2007 de la revue L’Emancipation)

(1) Un des effets de ce poids de la vision léniniste du syndicalisme est le faible intérêt des chercheurs pour les Bourses du Travail. La publication de la CGT à l’occasion des 80 ans de la Charte et les différentes contributions de cet ouvrage, sauf d’heureuses exceptions participe de cette vision marxisante : Le congrès de la Charte d’Amiens, comptes rendus intégraux et sept études de Jean Maitron [et al.] ; présentation de Georges Séguy, Paris : Institut C.G.T. d’Histoire sociale, 1983, 494p.
(2) Didier Bigorgne, Les allemanistes (1882-1905), Itinéraires, place et rôle dans le mouvement socialiste français , Thèse de doctorat sous la dir. de Jacques Girault, Université de Paris XIII, 2001, 3 vol., 793p.{{}}
(3) Sur l’actualité des publications sur le socialisme nous renvoyons le lecteur sur le site de l’Office Universitaire de Recherche sur le Socialisme (L’OURS) : http://www.lours.org/ainsi que sur celui de la fondation Jean Jaurès :http://jean-jaures.org
(4) Miguel Chueca et Émile Pouget, 1906, le Congrès syndicaliste d’Amiens , Paris, Ed. CNT-Région parisienne, 143p.{{}}
(5) On peut néanmoins renvoyer aux communications de Danièle Tartakowsky intitulé Les usages de la Charte autour de 1936 ainsi qu’à celle de Denis Barbet et Sophie Béroud Regards croisés sur les commémorations et usages de la Charte au cours du siècle lors de la journée d’étude et de débat organisée par l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT le 26 septembre dernier, consacrée au centenaire de la Charte et dont les actes nous l’espérons paraîtront prochainement.{{}}
(6) Sur la vie de Lucien Herr, nous conseillons la lecture d’un ouvrage déjà ancien de Daniel Lindenberg,et Pierre-André Meyer, Lucien Herr, le socialisme et son destin , Paris : Calmann-Lévy, 1977, 318p.{{}}
(7) On peut cependant mentionner plusieurs publications d’Allemanistes au sein desquelles ils font part au public de leur regard sur l’actualité, mais aussi de leur conception du changement de société : Louis Arces-Sacré, Lois du socialisme , Paris : A. Fayard, 1892-1894, Partie I : 160p., Partie II : 160p., Partie III : 160p. ; Maurice Charmay, Législation directe et parlementarisme , Paris : Bibliothèque socialiste, 1895, 40p.{{}}
(8) Compte-rendu du Xème Congrès national du POSR tenu à Châtellerault du 9 au 15 octobre 1890.
(9) Louis Girard et Fernand Pelloutier, Qu’est ce que la grève générale ? , Paris : Librairie Socialiste, 1901.
(10) Dans Le Jura Socialiste du 1er décembre 1899, Ponard définit ainsi le rôle des communes : "Politiquement, la commune individuelle faisant ses lois, économiquement maîtresse de ses actes, propriétaire des moyens de consommation, de productions, des maisons (...), l’État ne sera plus qu’une agglomération fédérée de communes ayant une simple mission administrative des grands services publics".

INDÉPENDANCE SYNDICALE

À propos du colloque international d’Amiens

Dans notre revue, nous nous étions à plusieurs reprises faits l’écho du colloque international tenu à Amiens en octobre 2006 : "Cent ans après la « Charte d’Amiens » : la notion d’indépendance syndicale face à la transformation des pouvoirs".
Notre camarade Françoise Rosenzweig avait évoqué cette initiative dans le numéro 5 de L’Émancipation syndicale et pédagogique . Depuis, les contributions à ce colloque ont été publiées sur Internet. Certaines d’entre elles intéresseront sûrement les militants syndicaux, elles sont téléchargeables à l’adresse suivante :
www.u-picardie.fr/labo/curapp/Colloques/ColloqueSyndicalisme/ProgCom_CollSyndic.htm

Q.D. ?

INDÉPENDANCE SYNDICALE (2)

Syndicalisme et politique

Le syndicat SUD-Éducation Var, lors de son 4e congrès départemental tenu en décembre 2006, a débattu et pris position sur la question de l’indépendance syndicale.
Nous publions la motion votée à ce sujet.

L’affaiblissement du syndicalisme, s’il est lié à l’organisation hiérarchique et à la bureaucratisation des appareils syndicaux qui dépossèdent les salariés de leurs luttes en ritualisant l’action syndicale, est aussi lié à leur manque d’indépendance. Le rôle du syndicalisme n’est pas de co-gérer la régression sociale, ni de participer à l’élaboration de textes réglementaires défavorables aux droits des salariés. Le rôle du syndicalisme est de défendre les revendications des salariés, en activité ou non (chômeurs, retraités...).
Le congrès de SUD Éducation Var, se référant à la Charte d’Amiens , réaffirme deux principes fondamentaux :
- l’indépendance du syndicalisme vis à vis de tout groupe politique, religieux, patronal ou gouvernemental. Cette indépendance étant la garantie de l’élaboration des revendications par les travailleurs eux mêmes.
- le syndicalisme de lutte comme outil d’expression et d’action permettant aux salariés de se réapproprier leurs revendications et modalités d’action par des pratiques d’auto organisation (AG, comité de grève où de lutte, coordinations) sans les opposer à la nécessaire construction de l’outil syndical garant de la permanence et de la mémoire pour les luttes prolongées.

SUD-Éducation Var, 7 décembre 2006 ?

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