Histoire : de l’amicalisme au syndicalisme

, par  Emancipation 83

De l’amicalisme au syndicalisme :
le tournant du congrès de Marseille

L’aspiration à la connaissance, l’enseignement ont toujours inspiré de l’inquiétude pour les classes dominantes qui pendant longtemps ont voulu en écarter les classes populaires. Lorsqu’elles ont dû se résoudre à mettre en place des systèmes scolaires, elles n’ont eu de cesse de vouloir imposer des structures de contrôle sur les personnels chargés de dispenser les savoirs comme sur les savoirs eux-mêmes. Voilà pourquoi le syndicalisme universitaire, en France, a, dès ses origines, été marqué par la volonté d’émancipation de toute tutelle et s’est toujours engagé dans le combat pour le principe politique de Laïcité.

Cette disposition d’esprit n’est pas, comme on le dit trop souvent, une spécificité française comme l’a fort bien démontré notre regretté ami Benoît Mély (1).

Misère des maîtres d’école
Dans une brochure éditée en 1928 par la Fédération Unitaire de l’enseignement, Maurice Dommanget situe la première émergence du mouvement corporatif des instituteurs avec la création en 1831 d’une Société des Instituteurs et Institutrices primaires de France par Philippe Pompée, instituteur d’une école mutuelle. Pour Dommanget il serait "l’ancêtre" mais ce serait surtout celui qui va le seconder dans sa tâche qui sera le "véritable pionnier du syndicalisme universitaire", Louis-Arsène Meunier. Ce fils de travailleur d’usine va fonder L’Écho des Instituteurs pour révéler au grand public les misères de toutes sortes accablant les maîtres primaires et formuler "leurs vœux et leurs réclamations" dont la satisfaction permettrait "toutes les améliorations morales et matérielles propres à leur procurer plus de bien-être et d’indépendance, et à leur faire remplir avec plus de fruit et de succès leur pénible et importante mission". Et Dommanget d’ajouter que ce journal va vite devenir "le point de ralliement des maîtres aigris par la misère, persécutée par les prêtres et les tyranneaux de village…".
Ce journal qui collectait les récriminations et les revendications des maîtres d’école, exprimait aussi leur volonté d’accéder à une indépendance par rapport aux diverses tutelles qui entravaient leurs libertés tant personnelles que professionnelles. Aussi nombre d’entre eux aspirent à s’unir pour se soutenir et se défendre et adhèrent à une éphémère "Société pour l’émancipation de l’Enseignement" à laquelle cependant perdurera une modeste revue L’Émancipation de l’Enseignement .

Le rôle des instituteurs
La Révolution de 1848 vient d’éclater et la constitution de ce regroupement national est remise à plus tard mais les infatigables Meunier et Pompée poursuivent la création d’associations départementales (Seine-et-Oise, Haute-Garonne…). Hélas dès 1849 c’est la réaction qui triomphe avec son flot de répression dont les instituteurs ne seront pas les dernières victimes.
Alphonse de Lamartine se fait le chantre de cette répression et dans les colonnes du bien mal nommé Le Conseiller du Peuple , parlant des instituteurs il tient des propos sans ambiguïté : "() Ils se sont laissés séduire comme des hommes sans jugement, ou entraînés comme des hommes sans conscience et sans moralité, à toutes les absurdités prétendues sociales et à toutes les perversités prétendues démocratiques que les factions socialistes, communistes, terroristes et démagogiques ont voulu semer dans l’esprit du peuple pour le pervertir, pour faire de la propriété un crime, de la République une anarchie, de la société un chaos ()"…."Ils se sont faits les missionnaires de cette religion qui consiste à nier dieu, à diviniser la nature, à adorer le plus brutal sensualisme, à renverser les autels…". Et l’auteur des Méditations nous en livre une petite dernière quand il définit le rôle qu’il assigne à l’instituteur : "Instituteur primaire, voilà ce que vous êtes ! La charité visible des classes riches et propriétaires envers les classes pauvres et laborieuses ! () Les pères de familles de ceux qui n’ont pas de famille ici-bas pour leur distribuer la tradition, le don de la lumière, l’aumône honorable et divine de l’esprit !".

L’esprit syndicaliste
Le syndicalisme universitaire à l’état embryonnaire se fonde déjà sur un double objectif que François Bernard, Louis Bouet, Maurice Dommanget et Gilbert Serret, résument ainsi dans leur Syndicalisme dans l’enseignement  : "Ils veulent, non seulement se grouper, mais se défendre, s’émanciper et lutter pour un idéal qui dépasse déjà le cadre corporatif…… C’est ce qu’on appellera l’esprit syndicaliste".
Sous le Second Empire, les quelques rares tentatives de constituer des regroupements sont rapidement réprimées et vouées à l’échec même si, à partir de 1868, on voit se créer des associations départementales d’instituteurs.
Pendant la Commune de Paris, probablement accaparés par d’autres tâches, les instituteurs n’entreprennent aucune action allant vers la constitution de structures durables à caractère syndical.
Les débuts de la IIIème République ne laissent rien présager de bon. C’est la période de l’Ordre Moral où la France est officiellement consacrée au Sacré-Cœur de Jésus au nom du "vœu national". Les instituteurs sont l’objet de tracasseries, de poursuites, de révocations à la moindre peccadille voire dans des affaires montées de toute pièce souvent par les cléricaux : on signale 200 déplacements d’office en Gironde, 300 en Dordogne. Autant dire que la période n’est guère portée à l’éveil revendicatif dans cette ambiance du retour à la foi aveugle et du cléricalisme lié au patriotisme exacerbé par la défaite et la terreur que suscitait, pour les uns, la menace du mouvement révolutionnaire de la Commune, pour les autres, le souvenir de la répression massive et sanglante. Et il faut bien le dire : très majoritairement, les enseignants participent à la mentalité générale.

Corporatisme sous contrôle
On doit signaler cependant la constitution en 1872, à l’initiative de Marie Bonneval du Syndicat des Membres de l’Enseignement qui entendait regrouper tous les ordres d’enseignement, laïque mais privé, et s’inscrivit à partir de 1884 aux Bourses de Travail. Si cette organisation n’aura pas une influence considérable, elle marque dans l’histoire du syndicalisme la naissance du premier syndicat d’instituteurs.
Il faudra pourtant attendre la chute de Mac-Mahon pour que, paradoxalement en apparence, ce soit le Gouvernement lui-même qui les invite à s’organiser collectivement. Dans sa célèbre circulaire du 10 août 1880, Jules Ferry appelle les enseignants à sortir de leur isolement en s’organisant : "() ils trouveront l’occasion de créer entre eux librement cette communauté d’esprit et cette solidarité professionnelle qui fait la puissance et la dignité du corps enseignant…".
D’autres initiatives dans cette même période sont prises pour susciter divers groupements, le plus souvent exclusivement corporatifs. C’est que, retenant les leçons aussi bien de la confiscation de la République par Napoléon III que de la menace ouvrière de 1871, les Républicains allait entreprendre ce qu’il est convenu d’appeler l’œuvre scolaire de la IIIème République, et naturellement ils avaient besoin du soutien actif du corps enseignant pour faire face à la réaction mobilisée par l’Église catholique.
René Goblet, sur le conseil de Ferdinand Buisson, Directeur de l’enseignement primaire, engage les instituteurs à tenir congrès (Le Havre, septembre 1885). Sous la houlette de personnalités officielles, ce congrès n’avait de congrès que de nom. Comme il n’existait pas (ou si peu) de structures départementales propres à nommer des délégués, les adhésions étaient individuelles, les représentations régionales étaient très diverses. Ainsi le département des Basses-Alpes n’avait qu’un seul délégué alors que la Seine-Inférieure en avait 350. Quant à l’ordre du jour, largement inspiré par le Ministère, il comportait 4 points :
a) l’utilité des congrès nationaux et internationaux ;
b) le travail manuel à l’école primaire, les écoles professionnelles et l’apprentissage ;
c) les traitements dans les différents pays ;
d) les programmes des écoles normales et leur rôle professionnel.

Le Ministre lui-même, René Goblet assisté d’Octave Gréard recteur de l’Université de Paris, qui se donnait le titre de "premier instituteur de France" a présidé la séance d’ouverture de cet historique congrès.
Ce congrès qui, on le comprend, relève plus de la propagande gouvernementale que d’une réelle volonté de voir se constituer une force syndicale et encore moins une force de contestation sociale, se tient dans une période délicate où toutes les réactions antirépublicaines (aristocratique, monarchiste, religieuse, capitaliste et bourgeoise) se sont rangées derrière le général Boulanger, qui est une réelle menace pour les républicains qui tentent de rassembler les masses populaires.

Une situation ambiguë
On voit alors se constituer quelques groupements comme en février 1887 l’Union des Instituteurs et Institutrices de la Seine qui ne tarde pas à déjà indisposer l’administration en faisant de la titularisation des instituteurs adjoints son principal objectif.
C’est en mars 1887 que la Préfecture de la Seine enregistre les statuts du Syndicat des Instituteurs et Institutrices de France qui se trouve être le premier syndicat d’enseignants fonctionnaires. On entre alors dans une situation ambiguë puisque le congrès de cette organisation se tient à Paris… sous la présidence du Ministre de l’Instruction publique et c’est l’administration qui propose les questions à étudier. Pourtant de réelles propositions revendicatives sont débattues et en particulier sous l’impulsion de Chappaz qui rejoindra plus tard la Fédération de l’Enseignement. Ce congrès sous surveillance du Ministère n’en décida pas moins "qu’une société autonome des instituteurs serait constituée dans chaque département et que ces sociétés fédérées formeraient l’Union nationale des Instituteurs de France" et se prononça explicitement pour la forme syndicale.
D’ailleurs l’administration ne s’y trompa pas. Après avoir encouragé de tels regroupements et même incité les enseignants à la contestation, le Directeur de l’enseignement primaire ne leur déclare-t-il pas :"Corrigez, messieurs, redressez, critiquez ! Nous avons besoin de votre expérience pour compléter la nôtre. En mettant nos efforts en commun nous arriverons à réaliser le progrès", le ministre Spuller, dès le 20 septembre 1887, par une circulaire restée célèbre va bien montrer jusqu’où il convient… de ne pas aller : "() Les instituteurs publics sont des fonctionnaires () Comme tels, ils font partie d’une hiérarchie légalement contrôlée ; ils ont des droits et des devoirs qui n’appartiennent pas à d’autres citoyens () Ils ne sont pas autonomes, ni individuellement, ni collectivement. L’autonomie des fonctionnaires a un autre nom, elle s’appelle l’anarchie, et l’autonomie des sociétés de fonctionnaires ce serait l’anarchie organisée".

Une période agitée
Cette circulaire est pour les instituteurs syndicalistes une véritable déclaration de guerre que les auteurs de l’Histoire de la Fédération de l’Enseignement resituent dans l’environnement des graves difficultés sociales rencontrées par le Gouvernement : une crise économique marquée par des grèves parfois sanglantes (les verriers de Vierzon, les mineurs de Decazeville et Firminy), les poursuites à l’encontre de Jules Guesde et Louise Michel accusés de provocation au meurtre et au pillage, le succès rencontré par la constitution le 30 octobre 1886 par le congrès des syndicats ouvriers de Lyon d’une Fédération Nationale des Syndicats qui préfigure la Confédération Générale du Travail. Le Gouvernement craint que la contagion syndicale ne gagne les fonctionnaires. La circulaire Spuller ferme la porte sur la perspective de l’organisation d’un mouvement corporatif dans l’enseignement que les syndicalistes qui y participaient n’ont pas réussi à engager sur le chemin du syndicalisme.
Dans la même période, on assiste à des troubles antisémites orchestrés par le journal d’Édouard Drumont La libre parole , l’agitation boulangiste, profitant du scandale des décorations, gagne du terrain et Déroulède exacerbe bruyamment le patriotisme revanchard.
Il faudra attendre 1897 pour que les aspirations au regroupement des instituteurs publics puissent prendre tournure. Mais d’abord signalons un fait dont les syndicalistes universitaires sauront le moment venu tirer le meilleur parti. Le 22 mai 1894 le Président du Conseil est interpellé à la Chambre des députés à propos des menaces dont les syndicats des travailleurs de l’État sont l’objet. Le débat est clos par cette décision : "La chambre, considérant que la loi de 1884 s’applique aux employés des exploitations de l’État aussi bien qu’à ceux de l’industrie privée, invite la Gouvernernent à la respecter et à en faciliter l’exécution".
Cette même année, accusé de trahison, Alfred Dreyfus est condamné par le Conseil de Guerre dans une sorte d’indifférence générale. Trois ans plus tard, l’"Affaire" bat son plein et beaucoup de jeunes instituteurs se sont rangés dans le camp des "dreyfusards" mais l’argument patriotique prime sur toute autre considération et les nationalistes et l’Église ont la main sur les divers gouvernements qui se succèdent.
En 1897, le Conseil Supérieur de l’Instruction Publique interdit la constitution de l’"Association amicale des professeurs du secondaire". S’appuyant sur cette décision, le Ministre de l’Instruction Publique, dans une circulaire annonce qu’il refusera désormais toute autorisation à la création de telles associations.

L’amicalisme
Mais peu à peu, le rapport de force penche à l’avantage des "dreyfusards" et en 1899, c’est en profitant de l’inauguration d’un monument à Laon en mémoire de trois instituteurs fusillés par les Prussiens en 1870 où de très nombreux instituteurs seront conviés (1600 pour 60 sociétés amicales départementales) qu’une poignée de pré-syndicalistes décident d’organiser une réunion à l’issue de la cérémonie, réunion qui regrouperait les associations existantes (mutuelles, normaliennes, pédagogiques…). Cette réunion se tient ce 19 août à l’Hôtel de Ville de Laon et Achille Deum y fait acclamer la proposition de l’organisation d’un Congrès à Paris en 1900 pendant l’Exposition universelle. Ce Congrès tenu sous le contrôle du Ministre marquera la naissance du mouvement amicaliste.
L’année suivante le Congrès se tenait à Bordeaux, bien sûr avec l’approbation du Gouvernement et sous la surveillance des autorités de tutelle. Mais on sent poindre des velléités d’indépendance qui, ne pouvant se manifester dans l’ordre du jour qui a dû recevoir l’approbation ministérielle, s’exprimeront dans le vote de vœux qui préfigurent ce que seront plus tard les revendications syndicales. Le Congrès souhaite la suppression des distinctions honorifiques, l’abandon d’un enseignement exacerbant le chauvinisme belliqueux, il se prononce pour une "instruction intégrale pour tous", pour l’abrogation des derniers vestiges de la loi Falloux … Ce Congrès marquera le début de la mise en place de structures permanentes dont le nombre grandissant éveillait l’inquiétude du Gouvernement Waldeck-Rousseau qui voyait d’un mauvais œil les instituteurs prendre de l’assurance et instiller dans les amicales un esprit syndicaliste qui exprimait de plus en plus son désagrément de subir le contrôle de l’administration. Aussi lorsque le Comité d’organisation du Congrès de Marseille sollicita l’autorisation de tenir son Congrès annuel, le ministre refusa, invoquant que dans aucun pays la pratique du Congrès annuel des instituteurs n’avait cours et que par ailleurs cette pratique portait préjudice au travail professionnel. Cette fin de non recevoir devait accentuer plus encore la fracture qui se formait entre ceux qui souhaitaient aller vers une structure syndicale et ceux qui se complaisaient dans cette situation de dépendance.

Vers la loi de séparation des églises et de l’État
Mais le 7 juin 1902 se constituait le ministère Combes qui ne cachait pas son anticléricalisme et se présentait comme le défenseur de l’école laïque. Si le ministre de l’Instruction Publique, Chaumié, se montra en définitive un piètre défenseur de l’École Publique, il autorisa le Congrès qui put se tenir à Marseille, au Palais de Cristal le 5 août 1903. Il constitue l’apothéose du mouvement amicaliste. Rien moins que deux ministres présidèrent à son ouverture : le petit père Combes lui-même et Camille Pelletan, ministre de la Marine. Il rassembla 2000 auditeurs et délégués représentant 110 amicales. Une réception des congressistes fut organisée à l’Hôtel de Ville, des bals populaires se tenaient sur le Vieux Port où on chanta La Marseillaise et l’Internationale. Ce fut grandiose. Combes prononça un discours sur le thème laïque.
Le rédacteur d’un journal catholique relate la scène : "Lorsque les dernières élucubrations du défroqué se furent perdues dans le tumulte des chants et des cris de toute sortes, ordre fut donné à la musique militaire d’attaquer la Marseillaise. Dès les premières mesures, une foule de voix avinées, accompagnèrent de leurs hurlements les accents de la musique, si bien que le chef indigné fit interrompre brusquement l’exécution de l’hymne national. Ce fut là le signal du départ. Mais quel exode, grands dieux ! Un drapeau rouge, de dimension plutôt minuscule, s’agitait au-dessus de quelques centaines d’énergumènes qui cherchaient à se sentir les coudes, dans le but évident de se tenir debout. Ce fut même pour certains, une peine inutile, car bon nombre d’églantinards tombés à terre furent sans nul souci piétinés par les manifestants. Mais en l’état où se trouvaient les esprits, on n’y regardait pas de si près et quelques couplets de l’Internationale consolaient les défaillants".
Si ce Congrès fit tant de bruit dans la presse, ce le fut plus par son extravagance que par le fruit de sa réflexion. Le plus spectaculaire fut l’excursion vers Toulon à bord du Bastiais escorté de deux contre-torpilleurs de la Marine Nationale (Le Mousquet et La Hallebarde) qui saluèrent d’une salve de coups de canon l’arrivée à destination pendant que les congressistes entonnaient La Marseillaise et dans la foulée l’Internationale. Autant dire pour reprendre la formule de Dommanget et ses amis à propos des travaux du congrès que "la besogne fut modeste et fort peu syndicale".

Les limites de l’amicalisme
En effet, comme le rapporte Nègre dans un article de L’Émancipation paru en novembre 1909 : "Au moment où le projet d’augmentation des traitements, dit projet des amicales, était l’objet des préoccupations générales des instituteurs, il nous a été donné d’assister à ce spectacle peu banal de voir les délégués de toutes les Amicales réunies à Marseille pour y discuter quoi, la réforme de l’orthographe ! Ainsi en avait décidé le Ministre qui avait exclu de l’ordre du jour du Congrès la question des traitements".
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour constater les limites de l’Amicalisme. Un simple fait pour illustrer cette faillite. Alors que la Congrès de Bordeaux en 1901 avait émis le vœu de voir disparaître les distinctions honorifiques, ce congrès de Marseille fut le théâtre d’une interminable cérémonie de remises de décorations : Légion d’honneur, Officier de l’Instruction publique, Officier d’Académie….
Un témoin de ces folles journées résume ainsi la situation : "Le Congrès des Amicales qui a envoyé les adresses que l’on sait, assurant les représentants de la classe bourgeoise du dévouement des instituteurs, a paru ignorer qu’il existait des organisations ouvrières… Il est certain que la plupart des instituteurs, même beaucoup de ceux qui se réclament du socialisme, ignorent ou méconnaissent la loi historique de la lutte des classes".

Vers le syndicalisme universitaire
Ce témoignage implacable appelle à un souffle nouveau auquel aspire une association nouvelle fondée au lendemain de ce Congrès : "L’Émancipation de l’Instituteur", la future Fédération des syndicats d’Instituteurs.

Jean-Michel SAHUT
(article publié dans la n°5 de janvier 2007 de la revue L’Emancipation)

Largement inspiré de Le syndicalisme dans l’enseignement (Histoire de la Fédération de l’Enseignement des origines à l’unification de 1935) par François Bernard, Louis Bouet, Maurice Dommanget et Gilbert Serret. Préface de Pierre Broué, 1er juillet 1966 Collection "Documents" de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble.

(1) De la séparation des églises et de l’école mise en perspective historique - Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie (1789-1914) . Cahiers libres, Editions Page deux (disponible à notre librairie l’EDMP).

Navigation

Brèves Toutes les brèves