Rapport d’activité de la direction de la FSU Var : Pour nous, c’est « NON » !

Ce rapport de trois ans d’activité départementale de la FSU parle de « notre activité militante, profondément inscrite dans l’activité nationale de notre fédération ». Et c’est bien là le problème : car si notre section départementale a ses propres particularités, elle inscrit son action avant tout dans la déclinaison de positions nationales de la direction UA :EE-FSU. Seule tendance fédérale ayant appelé à voter « Non » au rapport d’activité national, l’Emancipation ne saurait entériner cette logique... et par conséquent votera contre le rapport d’activité départemental.

Depuis trois ans, si tout n’a pas été négatif, la majorité fédérale dans le Var se coule globalement dans une forme particulière de syndicalisme : le syndicalisme de sommet.

Un syndicalisme de sommet...
La majorité UA reproduit au niveau départemental une logique qui nous paraît erronée : penser s’appuyer sur des accords a minima entre directions syndicales, qui ne sont pas réellement mobilisateurs, est une impasse. Les initiatives récentes de l’intersyndicale de l’éducation, sans contenu réel et sans lendemain, jetant l’exclusive sur d’autres organisations (CNT, FO, SUD...), ne pouvaient permettre pas de créer le rapport de forces nécessaire. En témoigne l’échec de la grève du 28 septembre, archétype de la grève sans lendemain, sans action concrète derrière. Pour nous, l’unité c’est avant tout l’unité dans les luttes sur le terrain, avec tous les personnels et les organisations sans exclusive, sur des revendications sans ambiguïté... ce qui n’est pas la conception de la majorité U&A.
A plusieurs reprises ces dernières années, cette conception d’appareil a mené à des choix discutables. Ecrire que « La FSU a eu la volonté de mobiliser les personnels et les parents d’élèves sur l’école » c’est oublier un certain nombre de faits : participation au « Grand Débat » sur l’école qui a fourni la légitimation idéologique au rapport Thélot ; aucun appel à la grève en solidarité avec le mouvement lycéen pendant qu’il avait lieu (les grèves de cette époque ratissant toujours un cadre plus large sans rapport direct avec la lutte lycéenne)... mais une manifestation le 2 avril 2005 en week-end, 8 jours après le vote de la loi !
La même remarque, celle du choix d’une démarche d’appareil se contentant de relayer les appels nationaux, peut être faite à propos de la lutte contre le CPE. A quel moment les FSU nationale et varoise ont-elles posé publiquement la question de la grève générale, justement dans la perspective d’aller plus loin que la seule question du CPE ? Vouloir « aller plus loin, en améliorant la situation » est impensable si on se cantonne aux limites que les directions syndicales nationales donnaient au mouvement.

... Aveugle sur la question des luttes...
Les luttes sont évoquées dans le rapport d’activité, mais ce qui manque profondément c’est le rôle des personnels qui les animent. C’est cohérent : choisir de se borner à une stratégie de grèves de 24 heures sans lendemain, inopérantes pour gagner... implique de refuser de donner aux personnels en lutte la conduite de l’action.
Dans le prolongement de la diabolisation des AG et de l’ « amphi 400 » du mouvement de 2003, l’activité de la section départementale de la FSU s’est caractérisée par une volonté de lutter contre les structures d’auto-organisation (les AG). Une exception positive : lors du mouvement lycéen, la mise en place d’une AG intersyndicale qui a pu organiser quelques réunions et prendre la décision d’organiser un rassemblement contre la loi Fillon. Mais pour le reste, c’est le néant : pas de réunion d’AG lors des différentes grèves (compris lorsqu’elles étaient importantes), ni lors du CPE... et le 28 septembre dernier, même une réunion de CDFD élargi semblait trop audacieuse (on ne saurait mieux signifier qu’ils s’agissait d’une grève que l’on voulait sans aucune dynamique).
Cette défiance par rapport aux luttes à la base se retrouve d’une certaine manière dans la position de la section départementale concernant le projet de « Constitution » européenne : alors même que certains de ses syndicats nationaux importants (SNES académique, SNEP...) avaient pris une position claire, la FSU Var ne prenait pas ses responsabilités et se retranchait derrière la « ligne » nationale.

... Et incohérent sur la stratégie syndicale
La direction nationale de la FSU, lors du congrès de Perpignan de janvier 2004, a fait le choix de la « recomposition » : « élargir le champ de syndicalisation », en prenant la responsabilité d’accroître la division syndicale, au nom de la quête de la « représentativité ». Les discours semblent évoluer. Mais nous regrettons que durant toute cette période, malgré de forts débats cf. le congrès de Carnoules), la section du Var ne se soit en aucune manière distingué de la stratégie boutiquière et à courte vue, de division syndicale et d’abandon d’un syndicalisme axé sur la revendication, dont est porteuse la « recomposition » échafaudée par la majorité de la direction nationale.
Conséquence logique : la question de l’unité syndicale est un point aveugle du rapport d’activité départemental. La perspective de réunification n’est pas évoquée, et on se félicite d’un renforcement de la FSU à travers ses succès électoraux (réels), un plus grand nombre de syndicats... mais sans évoquer la désyndicalisation de ces dernières années. Qu’est-ce qui est le plus important, avoir beaucoup de syndicats, ou avoir beaucoup de syndiqués ? Il est temps de rompre avec la logique même atténuée de « recompo », et de renouer avec le choix fondateur de la FSU et de la FEN avant elle (un syndicalisme de masse réunissant tous les courants du syndicalisme sur la base du droit de tendance).

Des points positifs : laïcité, droits et libertés, sections locales
Nous avons approuvé l’implication de la FSU dans les actions de défense des libertés au niveau varois, de même que la très intéressante activité mise en place autour de la commission « femmes ». Sur la laïcité, nous approuvons les positions de la section départementale : refus massif de l’entrée des syndicats de l’enseignement privé dans la FSU, volonté d’essayer de structurer un travail unitaire laïque au plan départemental au moment de la commémoration de la loi de 1905... initiatives qui tranchent heureusement avec les positions de la direction nationale, qui abandonne les revendications laïques en rase campagne, fait la part belle à la laïcité « ouverte », et dans son rapport préparatoire au prochain congrès justifie implicitement les subventions aux écoles privées !
Nous soutenons aussi l’idée de développer les sections locales.

Nous estimons au total que les enjeux de notre congrès impliquent de ne pas se contenter d’un syndicalisme d’adaptation - comme semble le vouloir la direction nationale UA/EE-FSU ; notre « Non » au rapport d’activité se veut une contribution pour agir dans ce sens avec tous ceux et celles qui veulent garder un syndicalisme revendicatif et offensif.

Les élu-e-s Emancipation au CDFD

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