le rectorat attaque encore les mutations

, par  Emancipation 83

Sur ce site, nous n’avons pas l’habitude d’appeler béatement à soutenir n’importe quelle initiative des directions syndicales. Celle dont il est question mérite pourtant d’être soutenue...

Devant l’attaque qu’entend faire le rectorat concernant les mutations (ça devient une habitude, chaque année à la même époque !), plusieurs syndicats ont lancé une pétition unitaire. Elle est signable ici

Nous appelons à la signer, même si la dernière phrase est inacceptable : oui le rectorat doit abandonner ses projets, mais nous considérons - et les faits le montrent - que le "dialogue social" est une revendication vaine, en fait le "dialogue social" c’est quand on se contente de discuter comment on va appliquer les décisions inacceptables.
Ci-dessous nos analyses sur les projets rectoraux, qui convergent avec celles de la pétition. Comme vous pouvez le constater, il y a quelques soucis à se faire !

Lors d’une réunion pour discuter de l’organisation du mouvement de mutations, le rectorat a présenté aux organisations syndicales des principes qu’il compte retenir pour les mutations au sein de notre académie (elles se passent en juin, la note de service rectorale est publiée en mars-avril).

Il est à noter que comme à chaque fois c’est un projet, autrement dit ce ne serait pas la première fois qu’il reculerait.

Les principales dispositions avancées par le rectorat sont les suivantes (voir la pétition) :
1) limiter l’intervention des élus du personnel : plusieurs mesures empêcheraient les élus du personnel d’effectuer leur travail (par exemple le temps de préparation réduit – alors qu’il faut chaque année calculer les barèmes et vérifier les mutations sur environ 1500-2000 cas)… allant jusqu’à limiter le droit de prendre la parole dans les réunions avec l’administration !
2) les représentants du personnel n’auront plus accès à l’avance aux dossiers de mutation (barème + vœux) , et ne pourraient plus réparer les erreurs ou proposer des modifications aux projets du rectorat (pourtant chaque année il y a environ 20% d’erreurs à rectifier) puisqu’ils n’auront plus accès aux dossiers de demande de mutation des personnels. {}
3) l’extension de la taille des Zones de Remplacement : actuellement dans notre académie il y a 6 zones de remplacement pour les "grosses" disciplines, et 4 zones de remplacement pour les "petites" disciplines. Le projet du rectorat est de faire seulement trois zones de remplacement : une pour le Var, une pour les Alpes-Maritimes, et une "à cheval" sur les deux départements.

Voici comment les choses fonctionnent actuellement
- un projet rectoral est envoyé aux élus syndicaux 8 jours avant la commission qui affecte les gens.
- les organisations vérifient qu’il n’y a pas d’erreur dans le décompte des barèmes, et font corriger par le rectorat celles qui sont repérées… il y a souvent environ 20-25% d’erreurs de barèmes dans le projet rectoral , donc c’est un moment important. Dans beaucoup d’établissements, certains collègues auraient eu une affectation moins intéressante voire n’auraient pas eu telle ou telle mutation du fait d’erreurs de calcul, s’il n’y avait pas eu cette phase de vérification.

Voici quelles seraient les conséquences du projet :
1) pour tout le monde : les élus du personnel ne pourraient plus réparer les erreurs commises par le Rectorat chaque année en termes de vœux et de barème. Le résultat possible : un certain nombre de collègues privés d’un poste sur la base d’une erreur de calcul…
2) Pour les TZR : on doit rappeler qu’il est possible d’affecter un TZR sur une zone limitrophe à sa zone d’affectation. Comme il ne resterait que trois zones, elles seront toutes limitrophes les unes des autres… autrement dit un TZR pourrait être affecté en remplacement de courte ou moyenne durée, ou à l’année, sur toute l’académie !
De plus, les TZR ne pourraient plus être affectés en juillet comme c’est le cas pour une partie d’entre eux, mais seraient tous affectés fin août (et donc sur des zones élargies, cf. plus haut) : no comment !

La totalité des organisations syndicales refusent ce projet (qui n’est encore qu’un projet, le rectorat peut reculer), il est donc nécessaire que dans un premier temps la pétition unitaire soit signée par beaucoup de collègues !

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