congrès national de la FSU : contributions aux débats de militants varois

, par  Emancipation 83

Dans le cadre de la préparation de ses congrès départementaux et national, la FSU publie un "Pour info" (cahier de contributions).
Nous publions ci-dessous deux contributions de militant-e-s Emancipation du Var, portant toutes les deux sur le thème 4 et la question de l’adhésion à la confédération Européenne des Syndicats (CES), qui sera débattu au congrès.
Vous pouvez aussi les télécharger en pièce jointe.

Contre l’adhésion de la FSU
à la Confédération Européenne des Syndicats (CES)

Le rapport préparatoire relève justement que la direction de la FSU s’était engagée à mener le débat sur l’adhésion à la CES, et que cela n’a pas été fait.

Mais ce qui est proposé pose problème, sur le fond et la forme.

1) sur la forme : on nous dit justement que le mandat c’est de "mettre en débat l’adhésion de la FSU à la CES", et ensuite on indique benoîtement que "Le congrès devra donc s’exprimer sur l’opportunité d’adhésion à la CES afin de mettre en œuvre le mandat"… autrement dit, on décide d’abord et on discute après. Belle conception du débat démocratique dans le syndicat !

2) sur le fond : pas de vraie analyse des positions de la CES sur la construction libérale de l’Union Européenne, ce qui est incompréhensible puisque ses positions sont incompatibles avec celles de la FSU. Que ce soit par exemple à propos de la "Constitution" européenne, ou de son clone le traité de Lisbonne. Ainsi sur le TCE (interview du secrétaire général au Monde , 11/11/03) : "La Convention a fait du bon travail. Si ce texte n’est pas adopté, l’Europe sera bloquée (…) ce n’est donc pas le moment de chipoter sur les détails. Il faut respirer un grand coup et voter Oui".

Et sur le traité de Lisbonne ? "La CES attend avec impatience l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne" (communiqué du 5/11/09). D’ailleurs, son secrétaire général était clair devant les Irlandais appelés à revoter un juillet : "Dans un vaste discours qu’il adressera à l’Irish Congress of Trade Unions, John Monks (…) incitera vivement les syndicalistes irlandais à avoir une vision positive du traité de Lisbonne et à voter “oui” lors du prochain référendum" (10/07/09).

On pourrait multiplier les exemples : le soutien aux politiques libérales de la commission Européenne, tout comme le soutien au traité de Lisbonne - auquel s’oppose la FSU - sont contradictoires avec un syndicalisme revendicatif.

Cela est lié aussi à une conception du syndicalisme. Serait-il acceptable de construire le syndicalisme européen à la sauce CES : à savoir comme partenaire officiel d’institutions peu démocratiques, co-gérant de l’élaboration de textes européens défavorables aux intérêts de travailleurs ? Peut-on accepter le manque d’indépendance politique et institutionnelle de la CES par rapport aux institutions de l’Union Européenne, y compris sur le plan financier ?

Il est parfaitement possible et souhaitable de regrouper, en vue de mobilisations communes, toutes les forces syndicales (quelle que soit leur affiliation, CES ou pas) qui combattent les politiques libérales décidées au niveau européen ou mondial. Les cadres syndicaux qui existent déjà le permettent tout à fait, pas besoin d’adhérer à la CES comme le prétendent certains responsables de la FSU pour noyer le poisson et ne pas débattre du fond.

Le congrès doit repousser l’adhésion à la CES, mais aussi la méthode de débat proposée (voir point 1) !

Quentin Dauphiné (SNES 83, Émancipation)

In cauda venenum…

La FSU nous entraînerait-elle à l’insu de notre plein gré vers un "dialogue social sectoriel" européen pour l’éducation ?

Avec le "dialogues social" dans la Fonction Publique, les accords de Bercy n’ont fait qu’entériner au niveau français la participation syndicale aux nouvelles formes de gouvernance européenne. Ils ouvrent la voie désormais au projet préparé depuis cinq ans dans la plus grande discrétion au sein de la Confédération européenne des Syndicats (CES) de dialogue sectoriel dans l’Éducation, secteur dont les réformes s’inscrivent rappelons-le dans le cadre de décisions arrêtées au niveau des politiques européennes ( stratégie de Lisbonne ). Ce dialogue social européen pour l’éducation devrait débuter dans les premiers mois de l’année 2010.

Considérant que"le dialogue social européen et ses applications institutionnelles constituent un élément important de la Stratégie de Lisbonne", le CSEE, Fédération syndicale pour le secteur de l’enseignement membre de la CES, a adressé avec la Fédération des employeurs de ce secteur (FEEE) le 30 septembre 2009 auprès de la Commission européenne"une lettre de candidature conjointe pour la création d’un Comité européen de dialogue social sectoriel pour l’éducation, conformément aux articles 138-139 du Traité CE. (...). Le CSEE, est en effet désormais appelé à "servir en tantque partenaire social pour le secteur de l’enseignement dans le Dialogue social de l’UE ".

Toutes choses dont le pré-rapport ne souffle mot, si ce n’est de manière allusive notamment dans la dernière question, p.44, III-4.11.Quels moyens et quelle stratégie dela FSU pour prendre sa place dans différentesinstances internationales et européennesde consultation des syndicats et dela société civile ?

Réponse en fait déjà contenue dans la question de l’adhésion de la FSU à la CES et à la CSI, qui comporte également un secteur Éducation, l’I.E (internationale de l’éducation, créée en 1994) en charge du processus d’harmonisation du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche et de la question de l’exode des cerveaux, A ce titre, l’IE, à laquelle le SNESUP-FSU a adhéré récemment, est…associée commemembre consultatif au groupe de suivi du Processus de Bologne.

- en France, la FSU doit combattre le projet de loi sur le dialogue social issu des accords de Bercy, pour qu’il ne s’applique pas, et refusera de s’associer aux discussions concernant sa mise en place.

- au niveau européen et international, le congrès doit refuser d’entériner la demande d’adhésion de la FSU à la CES et à la CSI et son intervention dans toutes les instances de suivi ou de "consultation des syndicats associées aux processus de démantèlement des services publics et d’Éducation.

Nicole Desautels
Émancipation 83

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