Réforme des lycées : ce que propose le rapport Descoings

, par  Emancipation 83

Ci-dessous et en pièce jointe l’analyse du rapport Descoings par un camarade d’Emancipation 83.

LYCÉES

Quelques remarques sur le rapport Descoings

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Après les luttes lycéennes et les actions des personnels, Darcos avait remis à plus tard sa contre-réforme du lycée. Il a quitté le ministère depuis, mais sans emporter avec lui ses contre-réformes. Concernant le lycée, le nouveau ministre Luc Chatel a indiqué que la rapport Descoings constituerait la base des nouvelles "discussions" prévues. Autant être conscients de son contenu réel !

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Une retraite en bon ordre…
Le rapport Descoings affiche d’emblée une prudence certaine. Et pour cause, il s’est passé quelques petites choses (grèves et mouvement lycéen) qui ont fait passer à la trappe la réforme De Gaudemar en décembre 2008.
Ainsi deux grands griefs formulés à ce moment-là sont abordés :
- le lien entre réforme du lycée et suppressions de postes : Descoings prend soin d’indiquer que "une des principales demandes formulées à l’automne dernier concernait la question des moyens. L’annonce simultanée des réductions d’effectifs pour la rentrée 2009 et de la réforme du lycée avait fait accroire que la réforme du lycée n’était qu’un moyen déguisé de justifier une baisse des moyens" (p.12). Il prend donc, en apparence, de la distance avec cette politique : "On repart de zéro" (p.13), "Il ne peut se donner pour objectif une réduction des moyens des lycées" (p.13)… d’ailleurs – soyez rassurés - c’est Sarkozy qui l’a promis : "le président de la République a levé cette hypothèque en affirmant avec force que la réforme du lycée se ferait à taux d’encadrement constant" ! L’ennui, c’est que Darcos avait dit la même chose (pas de suppression du fait de la réforme) pour le projet précédent…
- la question de la semestrialisation des enseignements (et son complément : l’annualisation du temps de travail) : là c’est plus net, elle est rejetée (tout en regrettant en substance qu’elle ait été mal comprise). Encore plus nettement, elle est affirmée comme non-pertinente, en tant que transposition dans le lycée des pratiques de l’enseignement supérieur : "rien ne démontre que la semestrialisation soit un facteur de réussite à l’Université et par conséquent l’on peut s’interroger sur la pertinence qu’il y aurait à l’importer au lycée". Donc la déréglementation (des horaires, des enseignements, du temps de travail) engendrée par la semestrialisation est écartée… et revient sous une forme atténuée par un autre biais.

On n’est jamais trop prudent, sachant que ceux qui ont combattu le projet précédent ne sont pas amnésiques. Alors le rapport veut aussi donner des assurances concernant le désengagement de l’État ("le maintien de l’engagement de l’État. L’attachement au baccalauréat national, aux programmes nationaux et au recrutement national des personnels statutaires a presque toujours été rappelé", p.11) et le maintien du bac comme diplôme national (p.64 notamment : "le maintien du cadre national du baccalauréat est un principe").
Fort bien, mais il serait erroné de croire qu’il entend rompre avec la politique éducative de ces dernières années. Il marque un recul incontestable sur certains points du fait des luttes, dans le cadre d’une orientation similaire.

… dans le cadre de la politique éducative gouvernementale
Descoings l’indique lui-même, sa réforme du lycée n’a de sens que si elle est articulée avec d’autres "réformes" majeures : la réforme du bac pro en trois ans (p.12), la décentralisation et le transfert de compétences aux régions (page 12), la réforme de "masterisation" concernant le recrutement des enseignants, réforme néfaste aboutissant à démanteler leur formation professionnelle initiale (p.50).
Le cadrage global qui donne sens à ces "réformes", et à la "réforme" du lycée qu’il entend mener reste celui de la compétition capitaliste mondiale pour la conquête des marchés… et les conséquences qui s’en suivent (licenciements, délocalisation, précarité…). C’est d’ailleurs le sens de sa valorisation des filières technologiques, censées fournir la main-d’œuvre apte à entrer en compétition avec les pays émergents ("Elle peut jouer un rôle stratégique à un moment où la concurrence mondiale en matière de production est particulièrement vive", p.53).
Les propositions les plus concrètes du rapport prennent tout leur sens dans une politique éducative précise, celle qui est menée depuis quelques temps déjà, elles ne constituent pas un projet éducatif nouveau.
Ce maintien du cap de la politique éducative, en même temps que les reculs qu’elle doit opérer, est particulièrement frappant dans le cas de la question des effectifs de classe, question stratégique s’il en est. Tout en rappelant la question de l’équilibre budgétaire, il se prononce contre une réduction des effectifs des classes à 30 élèves : "Appliquer cette norme de manière uniforme sur le territoire national ne viendrait en rien atténuer les inégalités" (comme si cela avait le même impact sur tous les enfants !) (p.23). A la fin du rapport, il revient dessus, en proposant la baisse de la taille des classes de Seconde : "Tendre vers la diminution du nombre des élèves par division en classe de Seconde"… mais attention attention, rien n’est gratuit : "en contrepartie la diminution en tendance du nombre d’heure/élève par niveau de classe" (p.86). Bon, de toute façon la question centrale est celle du redéploiement des moyens entre établissements et matières (p.23). L’apparente mdérationd es propos ne tient pas face à la réalité des bahuts : si on s’aventurait à dénombrer les établissements qui ont "trop" de moyens en DGH, en personnels de Vie scolaire, en CPE, en infirmières, en agents TOS et administratifs… qu’il faudrait redistribuer, ce serait vite fait ! Et il y aurait peu à redistribuer…
Même chose pour la question des diplômes, question qui n’est pas que celle du bac car elle est en lien avec la question des conventions collectives nationales, qui donnent des droits aux salariés par la reconnaissance des qualifications obtenues grâce un diplôme. Diplôme national, bac national… mais en même temps on accompagne le mouvement attaquant la valeur des diplômes : "Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les recruteurs sont attentifs, au-delà du parcours de formation et du diplôme, aux activités menées parallèlement aux études par l’individu" (p.19 – tout cela à propos de l’accès aux pratiques artistiques et à l’EPS !).
Enfin, dernier point important, la méthode. On n’utilise plus celle de De Gaudemar qui a échoué (discussions bilatérales pour diviser les différentes organisations), à lire Descoings on serait plutôt dans un cadre presque libertaire et basiste, un cadre de démocratie directe : "Partir des acteurs de terrain, de leurs doléances, de leurs analyses, de leurs préconisations pour les faire remonter" (p.10) ! C’est sûr que le discours du rapport n’est pas le discours haineux et méprisant auquel Darcos nous a habitués… Mais Descoings distingue deux sortes de mesures, on est là au cœur de sa méthode ; il sépare les questions "sensibles", qui supposeraient un affrontement avec le mouvement lycéen et les enseignants, des questions plus consensuelles. Il distingue donc deux sortes de musures, celles applicables dès la rentrée 2010 et celles qui entraîneraient une transformation plus globale, et nécessitant "un temps long de négociation" (p.74). Là on retrouve la méthode habituelle de ce gouvernement, le "dialogue social" consistant à demander aux syndicats de salariés de participer à l’application d’une décision même si elle ne leur plaît pas : "Je préconise que cette méthode ne se limite pas à la seule phase d’élaboration, mais se poursuive lors de la négociation et de la mise en œuvre du nouveau projet de réforme" (on notera que le terme "négociation", devenu de plus en plus rare dans les textes officiels, refait son retour).

La vie lycéenne :
La vie lycéenne est abordée au travers de diverses mesures et propositions. Un certain nombre sont intéressantes. Ainsi la participation des lycéens à leur conseil de classe, les facilités pour participer à la vie lycéenne et à la gestion de certaines activités comme la Maison des lycéens (avec des moyens financiers prévus à cet effet), la participation aux choix concernant l’aménagement des espaces... D’autres sont nettement plus contestables, comme par exemple fixer les heures d’ouverture du CDI, autrement dit déterminer le temps de travail des professeurs documentalistes. Ou surtout donner des points en plus au bac pour reconnaître l’ "engagement" hors temps scolaire : on appelle ça noter à la tête du client, c’est le principe de la note de vie scolaire en collège. Les élèves participant aux instances des lycées, et "compréhensifs" avec l’administration, seraient sans doute valorisés dans ce cadre…
Il est tout de même frappant de remarquer que dans la vie lycéenne selon le rapport Descoings, il y a un grand absent, pourtant très présent lors des luttes de l’hiver : les droits collectifs de réunion, de manifestation, etc… il faut quand même oser prétendre développer les droits lycéens, quand dans le même temps ce gouvernement réprime de plus en plus durement les manifestations pacifiques et les actions militantes ! On se rappellera par exemple que le droit d’organiser des Assemblées Générales n’existe pas formellement, ce qui permet à beaucoup de chefs d’établissements de les interdire, pour tuer dans l’œuf la mobilisation ou la condamner à des actions de blocage minoritaires.

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Contenu et organisation du système éducatif
Parler de l’organisation du système éducatif, nécessite de prendre en compte notamment trois aspects majeurs : les contenus culturels à faire acquérir aux lycéens, les méthodes pédagogiques et les programmes, l’organisation des études (filières, horaires…).
Le second point n’est pas du tout traité, quant au premier c’est assez maigre… en tout cas quand il faut en parler directement. En gros Descoings reste peu explicite sur le rôle assigné au lycée, se bornant en apparence (mais en apparence seulement !) à ajouter des éléments de pratique artistique et d’EPS dans la culture commune (à qui fera-t-on croire qu’on envisage une réforme du lycée seulement dans ce but ?). Il y ajoute diverses mesures, plus (formation à la prise de parole, développement des épreuves orales en langue) ou moins (formation à la rédaction de CV comme mesure phare pour enrichir la culture commune) heureuses.
En revanche, l’organisation des études fait l’objet développements importants. Le rapport aborde là des enjeux réels, au cœur de tout projet éducatif. Il met en évidence les inégalités entre filières, au sens où la filiarisation serait au service de la reproduction des inégalités sociales.
Étrangement, il pose frontalement deux questions : l’unification des filières technologiques et générales (p.49), et l’unification des filières générales, au moins L et ES (p.51). Mais il répond aux deux questions par la négative, notamment pour les filières technologiques, car selon lui cette unification se ferait en généralisant le type d’enseignement ayant lieu dans les filières générales (et comme par ailleurs il n’entend pas les transformer véritablement, en tout cas dans leur structure…). Il écarte aussi une option moins radicale, qui consisterait dans les filières générales à ne spécialiser les élèves qu’en Terminale (autrement dit un tronc commun en Seconde-Première).
On remarquera aussi que la série ES, dénigrée jusqu’aux sommets de l’État il y a quelques mois, est maintenant considérée comme la seule qui ne pose pas de problème majeur…

Quelles transformations des séries générales et technologiques ?
Le rapport Descoings n’envisage pas de transformation progressiste du lycée, il serait faux de croire qu’il se prononce pour le statu quo.
Concernant les séries générales, il considère en substance que la série S est trop généraliste, il faut limiter cet aspect généraliste… et que la série L n’est pas assez généraliste, il faut jouer sur les coefficients au bac et renforcer l’enseignement scientifique. Soit dit en passant, traiter cette question ainsi n’est pas innocent : comment pense-t-on pouvoir le faire sans se poser la question des horaires d’enseignement ? De plus la distinction des séries renvoie de fait à leur hiérarchisation, reflet de la hiérarchisation sociale induite par la division capitaliste du travail. Il y a de puissantes logiques sociales à l’œuvre sur ces questions, ce n’est pas par des mesurettes que l’on va changer cet état de fait. La dimension "démocratique" du rapport sur cette question est une illusion.
Là où il pourrait contenir quelque chose de progressiste, c’est quand il préconise un tronc élargi en Seconde, avec les mêmes enseignements "de découverte" pour tous : "il est préconisé, que les disciplines liées à une spécialisation durant les années ultérieures soient enseignées de façon identique et obligatoire sur tout le territoire" (p. 51) Au passage, le rapport préconise donc d’introduire un enseignement technologique et de sciences économiques et sociales pour tous les élèves en Seconde, mesure positive. Ce tronc commun élargi en Seconde est positif, remarquons simplement qu’ajouter des enseignements dans un horaire déjà chargé est compliqué, ce qui pour nous repose la question d’une scolarité étalée sur quatre ans pour augmenter les apprentissages sans augmenter les horaires des élèves… mais que Descoings traite autrement : il suffirait d’organiser les enseignements de découverte sur une base trimestrielle pour les suivre tous, ce qui réintroduit la logique de la "semestrialisation" de Darcos sur cette partie des enseignements.
Les sections technologiques sont abordées très partiellement, en fait le rapport se concentre sur les seules STI (Sciences et technologies Industrielles), en préconisant de faire enfin une réforme de cette série. De manière très explicite et surprenante, il fait de la STI des sortes de fantassins de la mondialisation et de la guerre économique. D’où une série de préconisations, certains bonnes (garantir des places en BTS et IUT), d’autres beaucoup plus contestables voire loufoques : ainsi la diminution drastique des spécialités dans la filière STI, mais aussi "qu’un élève des filières technologiques ou professionnelles puisse se projeter comme un chef d’entreprise potentiel" (p.43), et ce qui va avec : "Introduire une formation à la création, à la reprise, et à la gestion d’entreprises"… c’est connu, tous les élèves de STI seront chefs d’entreprises, et c’est la principale innovation à faire dans cet enseignement !

Le cheval de Troie de "l’orientation"
L’orientation est une figue obligée dans tous les discours de la droite, gangrénant même parfois des syndicalistes. Dans le rapport Descoings une place importante est faite à l’orientation : cette question se taille la part du lion, une partie entière du rapport ; elle est rien moins que la "colonne vertébrale" (p.35) du système, avant même l’acquisition d’une culture commune donc… à partir de là le rapport formule une série de proposition pratiques qui pourraient se discuter, pris isolément.
Mais sa logique reste guidée par trois axes. D’abord, contourner les personnels qualifiés pour l’orientation, personnels qui justement ne la réduisent pas à une simple "orientation" en fonction des besoins du capitalisme : à savoir les CO-PSY (Conseillers d’Orientation-Psychologues). Leur rôle serait sous-traité aux enseignants, mais aussi à des intervenants sous statut précaires (par exemple étudiants en master). En revanche, le rapport n’envisage pas de régionalisation de l’orientation scolaire.
De plus, qui dit "priorité" dit impact sur la structure du système. Et effectivement, l’orientation doit selon le rapport être l’un des fils directeurs de la réorganisation du temps scolaire (voir plus bas).
Mais surtout la référence à "l’orientation" possède une valeur propagandiste, elle est elle aussi une figure obligé des discours sur la "réforme". Remettons en place les choses : outre qu’il y a aussi une dimension psychologique dans le travail des Co-Psy (évoquée une seule fois dans le rapport), il faudrait arrêter de bercer les gens d’illusions. Si les salariés n’ont pas d’emplois, c’est parce qu’ils ont été mal orientés… ou parce qu’il n’y a pas assez d’emplois ? En 2009 on prévoit 50 millions de chômeurs en plus dans le monde, c’est parce qu’ils ont été mal orientés ? La responsabilité du système économique et social capitaliste qui organise cela est engagée, bien plus que "l’orientation" des lycéens qui subissent ces difficultés.
Dernière chose : le rapport relève justement que l’un des dispositifs efficaces pour faire face aux difficultés scolaires et d’orientation, à savoir les classes de Première d’adaptation, est progressivement supprimé. Conscient qu’il faut développer des passerelles entre les formations (à juste titre), , il propose de mettre en place des classes passerelles… "dans les lycées disposant d’un internat pendant les périodes de vacances" (p.40). Mais pour le faire, il faudra attaquer le statut des enseignants : on y vient !

Les autres ressorts de la "réforme"
En plus de l’orientation, le rapport Descoings s’appuie sur d’autres thématiques et propositions que finalement, nous avons déjà vues notamment dans le projet précédent.
D’abord l’autonomie des établissements, litote classique quand on veut parler de déréglementation et de développement des inégalités dans l’Éducation nationale ("des budgets de fonctionnement et une dotation horaire globale qui laissent de véritables marges de manœuvre (…) pour plus de souplesse", p.60). Dans le même temps, est réaffirmé le respect du cadre national des programmes (p.60) ; des programmes, mais pas des horaires…
Ensuite le statut des enseignants (dit plus pudiquement : leur "mission"). Le rapport part sur une vision caricaturale du travail d’enseignent, ne correspondant plus à la réalité depuis quelques temps déjà : ainsi le prof est attaché à sa matière et ne pense pas qu’il faudrait aussi aider des élèves en difficulté (p.76), il ne fait que des cours magistraux (p.77). Donc il faut changer ça en changeant son statut (p.77). Puisqu’on parle de statut, il en est question ailleurs : développer massivement les intervenants… sous statut précaire. Par exemple l’accompagnement éducatif au lycée devrait être assuré par des étudiants en master, en échange d’ "une unité de valeur au moins de leur formation".{}
Comme le statut des enseignants est une question sensible (et Descoings le sait), il noie le poisson et dans sa conclusion montre bien qu’il faut agir avec prudence : "une négociation avec les syndicats d’enseignants sur la nature de leur mission et le décompte de leur service : les contreparties qu’il faudra leur donner seront à terme compensées par la réduction du nombre d’heure/élève" (p.86). Pour enfoncer le clou, dans la même page, il prend soin d’indiquer que la diminution du nombre d’heure/élève ne s’accompagne pas forcément de façon proportionnelle de la baisse du nombre d’heures d’enseignement données par les enseignants dans leur discipline. Afin de rassurer ceux qui penseraient que la diminution des horaires permettrait de supprimer des postes…{}
Comme il est probable que la diminution des horaires va quand même donner lieu à des suppressions de postes, le rapport offre une autre piste : un nombre plus important d’enseignants du secondaire seront envoyés dans le supérieur (p.38). Sans dire si c’est un choix volontaire ou à la suite d’une suppression de poste ; en tout état de cause cette disposition s’articulerait bien avec la "loi sur la mobilité dans la Fonction Publique" votée au Parlement durant l’été.

Diminuer les enseignements
Ce point n’est pas explicite ni abordé frontalement dans le rapport Descoings. Mais sans être un objectif explicite, qu’il pourrait être difficile d’énoncer directement, il résulterait logiquement de l’application des différentes mesures préconisées par le rapport. En effet, que resterait-il des horaires d’enseignement une fois appliqués ces différents points :
- pas de cours "magistraux" après 15h (Descoings est-il au courant que le travail des enseignants n’est pas seulement du cours magistral ?)
- une partie – importante - de l’emploi du temps scolaire consacrée à l’orientation (p.35)
- divers dispositifs qui ajoutés les uns aux autres ne seraient pas sans conséquence sur le temps scolaire (développement des stages en entreprises, activités diverses…)
Le cumul de ces dispositifs aboutirait à une diminution importante des horaires d’enseignement, et opérer cette diminution dans un système éducatif qui continue à être hiérarchisé n’a rien de progressiste. La démarche est là aussi sans surprise : on instrumentalise les difficultés créées par la dégradation du service public, des besoins réels pour diminuer les contenus culturels et attaquer les conditions de travail (et aussi supprimer des postes…).

Quelle stratégie syndicale ?
Le rapport Descoings contient une palette de propositions, et a de lui-même opéré un "tri" entre celles applicables sans grande modification, et celles qui impliquent une modification plus poussée du système… nul doute que les choix gouvernementaux résulteront du rapport de forces.
Alors que faire ? Bien entendu, tout d’abord informer sur la nature réelle du rapport Descoings : oui il contient des reculs du ministère, non il ne rompt pas avec la logique à l’œuvre et il ne constitue pas la base d’une réforme progressiste du lycée. Il s’articule avec les autres contre-réformes (ce qui ne signifie pas qu’il soit aussi poussé dans sa logique), et avec les politiques de suppressions de postes.

Partant de là, il s’agit de ne pas rééditer le scénario des "points de convergence" sur le lycée, consistant à discuter dans un cadre limité à l’application de la contre-réforme. Et aussi de préparer les mobilisations nécessaires pour faire aboutir un projet progressiste, ce qui passe au préalable par l’arrêt de suppressions de postes et l’abrogation des contre-réformes gouvernementales (bac pro en trois ans, LRU, "masterisation"…).

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Quentin Dauphiné

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