congrès de la FSU 83 : le rapport d’activité de la direction... et notre réponse

, par  Emancipation 83

Vous pouvez télécharger ici le rapport d’activité de la direction de la FSU du Var en vue de son congrès des 14-15 décembre. Ci-dessous et en pièce jointe, la réponse de la tendance "Emancipation" qui votera et appellera à voter contre le rapport d’activité.

CONTRIBUTION DE LA TENDANCE "EMANCIPATION"


Quelques questions restent sans réponse…

Le rapport d’activité départemental est très cohérent. Il l’est tout autant que le rapport d’activité national. Ce qui n’est pas surprenant : il en est finalement la transcription varoise. Cela ne va pas sans poser des problèmes : des questions fondamentales restent sans réponse. De même que nous avons voté "Non" au rapport d’activité national, nous voterons "Non" à sa transcription varoise.
Voyons quelques-unes des questions esquivées dans ce rapport…

Pourquoi les difficultés de la FSU ?
La FSU est le principal outil dont dispose les personnels de l’éducation pour combattre Sarkozy et sa politique. Mais il est affaibli, et le rapport semble l’ignorer, en nous présentant une vision triomphaliste.
Voici la réalité : une syndicalisation en baisse au moins au SNES et au SNUipp, avec un recul aux dernières professionnelles… sans doute un oubli du rapport d’activité !
Mais ce n’est pas tout : il y a aussi le recul de la participation aux élections internes cette année, qui montre que la FSU a plus de mal à être perçue par les syndiqués comme un outil indispensable et qu’il faut s’approprier.
Ces difficultés touchent tout le syndicalisme : son utilité est directement mise en cause pour les salariés, vu le bilan des luttes. Voilà une autre question maltraitée : quelles ont été les victoires revendicatives ? Les différentes réformes s’appliquent : depuis la mise en cause du système de mutations jusqu’aux réformes touchant l’école primaire, en passant par la loi LRU, la masterisation, les suppressions de postes, la loi "mobilité"…
Ces échecs ne tombent pas du ciel, l’orientation de la direction UA-EE en porte sa part de responsabilité. Ce qui amène à une autre question :

Quelle orientation pour la FSU ?
L’orientation qui domine la FSU, aux limites de plus en plus évidentes, est une orientation réformiste qui ne combat pas le capitalisme. Le rapport le dit d’ailleurs bien : "sans qu’une alternative politique susceptible de créer une alternance ne prenne corps" ; autrement dit, le syndicalisme ne peut pas gagner, c’est l’alternance politique qui sera décisive.
Nous pensons au contraire que seules les luttes permettront d’en finir avec ces politiques qui détruisent les statuts, les droits et libertés, les services publics. Luttes qui doivent se rejoindre dans une contestation globale : la grève générale interprofessionnelle. C’est cet horizon qu’il importe de construire, comme l’ont fait les organisations syndicales de la Guadeloupe.
L’orientation de la direction nationale, mais aussi de la direction départementale, tourne complètement le dos à cette nécessité !
- par le refus de la convergence des luttes : par exemple la FSU n’a jamais appelé à la grève lorsque les lycéens se mobilisaient deux ans de suite. Ni quand les personnels et étudiants de l’université et des IUFM luttaient massivement et sur des revendications claires : retrait des réformes ! Plus modestement, quand les cheminots commençaient à se mobiliser (grève du 18 octobre 2007), la FSU nationale et celle du Var (sauf le SNUipp) ont refusé d’appeler à la grève pour construire la jonction des luttes.
- parlons des luttes : ce qui manque profondément dans le rapport, c’est le rôle des personnels qui les animent. C’est cohérent : choisir de se borner à une stratégie de grèves de 24 heures sans lendemain, inopérantes pour gagner... implique de refuser de donner aux personnels en lutte la conduite de l’action. Ainsi, au printemps 2008, la FSU na pas voulu chercher à étendre le phénomène d’auto-organisation qui prenait la forme des AG inter-établissements. Faut-il s’étonner dès lors de la démotivation des militants et du très gros reflux des mobilisations sur les suppressions de postes l’année suivante ? Surtout que la FSU ne propose aucun dispositif d’action autre que les mobilisations chacun dans son coin quand les suppressions de postes arriveront ?
- plus récemment, le même phénomène mortifère pour le syndicalisme a eu lieu : au printemps 2009, après les grosses journées de grève des 29 janvier et 19 mars, aucune perspective n’a été donnée aux salariés mobilisés. Dans ces conditions, faut-il s’étonner de la difficulté des mouvements qui ont suivi, comme le 24 novembre ?
- tout aussi grave, les divergences ne portent pas seulement sur les formes d’action, mais aussi sur les revendications. L’affaire de la "masterisation" est particulièrement grave : la "masterisation" c’est la casse de la formation professionnelle et à terme la mise en cause des statuts. On a assisté à une honteuse trahison de la direction UA (et notamment la forfaiture de l’appareil bureaucratique du SNES) faisant alliance avec Darcos en ne votant pas contre les décrets sur la masterisation au CTPM du 28 mai… et on ne sache pas que la FSU 83 ait pris ses distances avec un tel acte.
- aucune remise en cause n’est formulée quant au bilan de la politique de "dialogue social" avec le gouvernement. Et pourtant : la loi "mobilité"’ est passée sans grosse difficulté alors que les dirigeants de la FSU avaient participé à toutes les réunions de "concertation" à ce sujet pendant des mois. De même, conséquence logique de la signature des accords de "représentativité syndicale", le gouvernement est en train de s’attaquer aux commissions paritaires…

Est-ce qu’on peut continuer à esquiver les problèmes ?
Le mouvement ouvrier est menacé : le gouvernement doit le démanteler pour continuer son oeuvre de destruction sociale. Force est de constater qu’en face de cela, le mouvement syndical se laisse entraîner : au lieu de se préparer à un affrontement de classes pourtant inévitable, il se borne au mieux à s’adapter, au pire à dériver vers le syndicalisme d’accompagnement. Cette tendance menace tout le syndicalisme : sans même parler de la CFDT, elle gagne les directions de FO et de la CGT, mais aussi celle de la FSU…
Il importe de mener le débat sur le syndicalisme que nous voulons. Force est de constater que jusqu’à ce congrès, la majorité départementale de la FSU a esquivé certains problèmes :
- pourquoi dans la Fédération, le rapprochement projeté avec la CGT est-il traité en cercle restreint ? Pourquoi si peu d’échos dans la pesse syndicale jusqu’à il y a peu ? Alors que l’enjeu n’est pas mince, car en fait il s’agirait de se mouler dans la transformation du paysage syndical voulue par Sarkozy et ses nouvelles règles de "représentativité".
- pourquoi n’y a-t-il aucune prise de position claire de la FSU 83 sur des problèmes brûlants, comme la "masterisation" ? Pourquoi aucune discussion réelles à ce sujet ?
- et enfin, et ce n’est pas le moindre ; pourquoi durant ces trois années, dans aucune instance départementale ou nationale, la FSU du Var n’a-t-elle jamais fait autre chose que suivre mécaniquement les positions de la direction nationale ?

Poser toutes ces questions impose d’y répondre. Et y répondre impose de voter NON !

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