Notre point de vue sur la situation syndicale actuelle

, par  Emancipation 83

Voici un texte de notre camarade Nathalie Vivé, concernant la situation syndicale actuelle. Il constituera l’edito du n°10 de la revue "L’Emancipation".

Enragement syndical

"Passent les jours et passent les semaines"... le gouvernement joue la montre. Mais l’incendie ne faiblit pas. Le rideau de fumée de la grippe se dissipe. Les médias ne peuvent tout taire. Alors, incidemment, à la faveur d’une coupure de courant au Festival de Cannes, on apprend que les agents d’EDF-GDF sont en grève depuis deux mois. Une autre brève nous informe que des milliers de voitures de PSA sont bloquées, inachevées : les travailleurs sous-traitants se rebiffent. Les uns pour défendre leurs emplois, les autres pour réclamer des augmentations de salaire. Les séquestrations de patrons ont pimenté la mode sociale du printemps. Et ça dure... Comme la mobilisation en Guadeloupe, comme le combat des étudiants et des enseignants-chercheurs. Ça dure et ça se durcit : sur le campus de Toulon, neuf étudiants et une professeur sont entrés en grève de la faim, pour demander le retrait de la loi LRU.

Et maintenant ?
R.A.S jusqu’au 26 mai, "journée de mobilisations décentralisées dans des modalités diverses en fonction des réalités locales et visant à la participation du plus grand nombre.". Il leur en faudra de la patience, à ceux qui luttent ! De la patience, ou de l’auto-organisation. Avec le risque du rejet des syndicats capables de défendre une telle stratégie de l’échec. Comme d’autres militants syndicaux, j’enrage devant une telle novlangue démobilisatrice qui peine à camoufler la capitulation. C’est donc ça, la "combativité constructive" dont se targue la direction du SNES ?

Certains ont pu obliger le gouvernement à négocier. Pourquoi pas nous ? La fin de l’année rend, on le sait, les mobilisations plus difficiles. Surtout après ces longs tunnels de temps morts qui succèdent aux temps forts. Et les examens immobilisent les collègues, tétanisés à l’idée de toucher au Saint Bac. On comprend pourquoi : on assiste à une campagne de dénigrement des professeurs sans précédent, depuis plusieurs années. Alors toucher au bac ressemble à un piège tendu pour nous couper définitivement de la population. Alors pourquoi ne pas bloquer le système au moment d’un autre rendez-vous, à la fois médiatique et familier...

Et si on bloquait la rentrée ? Et si on annonçait à la fois notre soutien aux luttes en cours, et notre volonté de ne pas redémarrer la machine jusqu’à obtention de nos revendications de postes, de formation, et sur la réforme des lycées...? D’autres l’ont expérimenté avec succès. Ainsi, en Bulgarie, les professeurs ont gagné une importante augmentation de salaire en 2007, après avoir fait grève tout le mois de septembre. Ce serait un bon moyen de mettre dès maintenant la pression pour obliger le gouvernement à négocier. Et cela nous laisserait le temps de convaincre et organiser les collègues, partout dans nos bahuts. De préparer et mobiliser les parents. Et même d’appeler les autres secteurs en lutte à nous rejoindre pour construire la grève générale.

En bref, construire un vrai plan de bataille, et le faire savoir.
En avant !

Nathalie Vivé (Var)
Le 23/05/09

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