congrès académique du SNES : le thème 4

, par  Emancipation 83

Thème 4 : c’est le thème portant sur le syndicalisme proprement dit, autrement dit à la fois les conceptions qui doivent guider le syndicalisme du SNES et la manière dont on les met concrètement en œuvre. C’est aussi le thème sur lequel nous avons le plus de divergences avec d’autres tendances, ce qui est naturel.


Ce qui l’est moins, c’est de vouloir rester sur les bases d’un syndicalisme réformiste qui depuis des années ; n’a permis que de limiter les reculs sociaux. Pour nous, "rénover le syndicalisme" (titre du thème) implique de retrouver une indépendance syndicale absolue (c’est la base de la constitution du mouvement ouvrier !), de revitaliser le syndicalisme à la base et de lui redonner des objectif anticapitalistes.
Les débats en commission ont permis de faire avancer des choses, mais dans l’ensemble le compte n’y est pas. En soi le congrès académique et sa soixantaine de participants ne pouvait pas décider de transformer magiquement le SNES qui compte près de 2500 syndiqués dans l’académie. En revanche il peut au moins se doter d’axes forts (voir ci-dessus) qu’il s’agira de traduite dans la réalité. Ce ne fut pas vraiment le cas.

Petite revue des questions soulevées :
- la syndicalisation : il est bienvenu de se poser la question de la manière dont le syndicat peut entraîner les nouveaux syndiqués (notamment) à participer à la vie syndicale, ce qui commence par faire le choix de se syndiquer. Il est hélas dommage d’y répondre comme si les militants des sections d’établissement étaient des chefs de rayon cherchant à "faire du chiffre". Une idée intéressante à été adoptée, celle que les nouveaux syndiqués puissent avoir une sorte de "référent" (pas forcément dans l’établissement) à même de leurs donner infos et coup de main.
- les formes de luttes : comme d’habitude, la direction du SNES refuse de reconnaître (et donc d’impulser) les formes d’auto-organisation pourtant consubstantielles à la nature du syndicalisme : AG souveraines pour définir les actions et revendications, grèves reconductibles… toutefois certaines formes d’action que nous avons longtemps prôné – et surtout que des établissements ont pratiqué – commencent à être reconnues comme légitimes. Ainsi un amendement (ensuite défendu en congrès national) a été adopté concernant les formes de luttes s’ajoutant (s’ajoutant, et ne substituant pas…) à la grève : rétention de notes, occupations d’établissements…
- le rapport aux institutions : depuis quelques temps il prend la forme du "dialogue social", c’est-à-dire de dispositifs mis en place par le gouvernement, et visant à discuter de l’application de ses contre-réformes (et donc nullement des revendications syndicales). Les exemples abondent sur les deux dernières années : protocole d’accord sur la suppression du samedi matin dans le premier degré, sur l’application de la réforme du "bac pro trois ans", sur le "dialogue social" dans la Fonction Publique, sur les "points de convergence" concernant la réforme des lycées… pour notre part nous pensons qu’il faut rompre avec cette orientation et avec le "dialogue social", et que l’influence du mouvement syndical reposera sur le développement du syndicalisme sur les lieux de travail. Nous avons déposé une motion en ce sens.
- le syndicalisme européen et international : nous avons déjà à de nombreuses reprises indiqué qu’il fallait réfléchir sérieusement sur ces questions : tout ce qui brille n’est pas or, toute structure syndicale supra-nationale ne peut pas être analysée en dehors des revendications concrètes qu’elle porte (car le syndicalisme c’est fait pour défendre les droits et les revendications). Ainsi nous considérons que le SNES et la FSU n’ont rien à faire dans la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et la Confédération Syndicale Internationale (CSI), organisations auxquelles il est question d’adhérer. Ce refus n’est pas lié à un refus d’internationalisme, mais au contraire à un vrai internationalisme : l’internationalisme c’est la solidarité concrète avec ceux qui luttent contre la mondialisation capitaliste, et non pas l’accompagnement de celle-ci… tel était le sens de nos deux motions sur le sujet.
- la "recomposition syndicale" : c’est une question très importante et aussi très récente, qui engage l’avenir du SNES et de la FSU. Les directions de la FSU (et du SNES au premier chef) et de la CGT ont entamé des contacts pour un rapprochement organisationnel. Notre point de vue est que le débat doit réellement avoir lieu dans l’organisation syndicale, que les possibilités d’expression démocratique doivent être garanties, et que l’orientation syndicale est décisive. Nous avions déjà donné notre point de vue dans une tribune préparatoire au congrès. Nous y reviendrons de manière plus approfondie.
En attendant, vous pouvez télécharger le texte que nous avons défendu sur cette question lors du congrès. Remarquons que nous sommes les seuls à avoir fait des propositions et analyses sur cette question décisive lors du congrès académique du SNES, alors que ce fut une question très débattue au congrès national (auquel donc la délégation de Nice est allée sans mandat sur cette question...).

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