compte-rendu et appel de l’AG inter-établissements des Alpes-Maririmes

, par  Emancipation 83

Ci-dessous le compte-rendu de l’AG inter-établissements des Alpes-Maritimes, ainsi que l’appel qui en est issu (en pièce jointe).

Compte-rendu de l’AG inter-établissements du jeudi 5 mars à 15h30, dans les locaux de la Bourse du Travail, 4 place St-François à Nice.

Étaient présents des collègues d’établissements de Menton (Lycée Professionnel Paul Valéry), de Tourrette-Levens (collège Réné Cassin), de Nice (collèges Matisse et Vernier, lycées Apollinaire, Maulnier, lycée professionnel Magnan), de Cagnes-sur-Mer (lycée Renoir), de Cannes (lycées Hutinel et Bristol), de Lorgues (lycée de Lorgues), des employés du Rectorat de Nice, des parents d’élèves (FCPE), une délégation des élèves et des étudiants (qui se réunissaient au même moment dans des locaux voisins), une conseillère municipale de Nice (groupe "Changer d’Ere") . Parmi les collègues, des représentants des syndicats CGT Educ’Action et SUD Education 06, des syndiqués SNES (tendances Ecole Emancipée et Front Unique), des non-syndiqués.

Après avoir rapidement fait le bilan des luttes en cours à l’Université, dans les IUT, dans certains Lycées Professionnels, et évoqué les suites du mouvement (appel de la Coordination nationale des collectifs "Ecole en Danger" à la grève le mardi 10 mars) ainsi que les occasions ratées de mouvement unitaire (appel à la mobilisation ... le 11 mars par la FSU !), les membres de l’AG ont fait un état des lieux dans leurs établissements respectifs. Cet état des lieux fait apparaître des situations pour le moins contrastées :
- certains établissements gagnent des postes (Estienne D’Orves, Maulnier, etc.) ou n’en perdent pas (René Cassin, Apollinaire)
- d’autres continuent de perdre des postes (Renoir, Lorgues, etc.)
- les lycées professionnels subissent de plein fouet les conséquences de l’expérimentation du Bac Pro en 3 ans, de la dérégulation des horaires (possibilité de répartition flexible des heures d’enseignement sur trois ans et non plus sur une année !), et la pression aux heures supplémentaires exercée sur les collègues. Les collègues de bac pro ont insisté sur le flou qui règne dans leurs lycées aussi bien dans les moyens qui leur sont alloués que dans les programmes qu’ils doivent appliquer, avec une répartition discrétionnaire des heures en fonction des projets menés.
- il a enfin été souligné la baisse des moyens administratifs, qui se traduit aussi par des dizaines de suppressions de postes au Rectorat et à l’Inspection Académique (IA). Par ailleurs, une logique comptable de suppression des postes mène à une concentration des services de l’IA vers le Rectorat de Nice, lui-même menacé d’être absorbé par le Rectorat d’Aix-Marseille. Les personnels administratifs subissent donc tout autant que les enseignants les effets des réformes du gouvernement, et beaucoup (jusque dans les corps d’inspection) n’approuvent pas les réformes imposées, les suppressions de postes et les injonctions du ministère, mais leur statut et/ou leur fonction les empêche de s’exprimer ouvertement.

Ainsi, il est clair que partout, une même logique de suppressions des moyens de l’éducation nationale (suppressions de postes de titulaires, de TZR, etc.) est mise en oeuvre dans le secondaire, de même que dans le reste de l’éducation nationale (de la maternelle à l’Université). Il est évident que la stratégie du gouvernement est de multiplier les fronts d’attaque envers l’école, et d’alterner les cibles visées (lycées professionnels, primaire, puis lycées généraux, puis université) afin d’éviter une mobilisation massive et unitaire du monde de l’éducation.

Il a aussi été souligné à quel point la consultation sur la réforme des lycées organisée dans notre académie est une supercherie, puisque cette consultation n’a lieu que dans quelques académies (et non au niveau national) et que son utilité première est de favoriser l’expérimentation de la réforme des lycées (contre laquelle nous nous battons toujours) comme cela pourrait être le cas l’an prochain, par exemple au lycée Thierry Maulnier. Encore une fois, il serait donc naïf de croire que le gouvernement a retiré son projet de réforme du lycée, puisqu’il vise à l’imposer petit à petit par ces expérimentations. Or, cette réforme du lycée suppose aussi la réforme des concours de recrutement, qui fait partie des motifs de contestation à l’Université, et qui vise à redessiner le métier de tous les enseignants, à tous les niveaux de l’éducation.

Bref, tout est lié, comme l’ont abondamment démontré quantité de messages sur cette liste ! Les échos directs des membres de l’AG lors de la réunion ont confirmé et même amplifié le constat d’une dégradation accélérée et massive des conditions d’enseignement à tous les niveaux, et fait clairement apparaître la cohérence des multiples contre-réformes qui s’abattent sur l’école, de la maternelle à l’université.

C’est pourquoi il est apparu indispensable de souligner encore une fois la nécessité d’une radicalisation et d’une convergence des luttes, sur la base d’un refus clair et net de transiger avec un gouvernement qui a fait de la destruction de l’école sa mission première.

. Pour l’essentiel, les membres de cette Assemblée Générale ont donc retenulespropositions suivantes :

1) Une première commission de l’AG est chargée de constituer une liste des inscrits sur la liste de l’AG qui souhaitent servir de référents pour leur établissement, afin de favoriser l’échange des informations entre l’AG et les établissements et l’organisation du travail de mobilisation par bassin. [Nota Bene : Si vous voulez être référents de l’AG dans votre établissement, merci d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ag.inter.etab.am@free.fr]

2) Une deuxième commission de l’AG est chargée de rédiger une proposition de motion adressée aux directions syndicales exigeant l’unité du combat contre la destruction de l’enseignement, de la maternelle à l’université, sur la base de mots d’ordre clairs : "retraît définitif de la réforme des lycées !" et "boycott de la commission Descoings !", "rétablissement de tous les postes supprimés !", "retrait de la réforme des concours !". La mobilisation contre l’attaque de l’école doit être unitaire, de la maternelle à l’université !

3) Une troisième commission est chargée de rédiger une synthèse explicative de la situation dans les lycées professionnels, et de l’impact des réformes en cours (Bac Pro, BEP) sur les conditions d’enseignement.

3) Il a été envisagé d’organiser une AG inter-établissements après la manifestation du jeudi 19 mars prochain, à la Bourse du Travail, pour envisager avec tous les acteurs du monde de l’éducation les suites communes du mouvement. Les enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, syndiqués ou non syndiqués, les élèves, les étudiants, les parents d’élèves, mais aussi tous les syndicats de l’éducation y seront invités. Une quatrième commission de l’AG est chargée en ce sens de rédiger une proposition de tract (qui sera discuté sur cette liste) à distribuer pendant la manifestation du 19 mars pour appeler à cette AG.

Pour l’AG inter-établissements des Alpes-Maritimes,
Antonio Molfese

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