A propos d’un communiqué anti-laïque

, par  Emancipation 83

Article extrait du dernier numéro du bulletin départemental de la Libre Pensée (une association de défense de la laïcité)

A propos d’un communiqué de Bruno Maranzana.

Le quotidien local "VarMatin-NiceMatin" a publié le 7 février des extraits d’un communiqué de Bruno Maranzana, dénonçant la prise de position de la section de Toulon de son propre parti politique, le PS. Cette dernière avait eu le "malheur" de critiquer le financement public par la Mairie de Toulon d’un lieu cultuel au quartier de Pontcarral.

Dans ce communiqué, B.Maranzana nous rappelle : « depuis maintenant plus de dix ans, je m’exprime publiquement en faveur d’une réelle prise en compte des requêtes de la communauté musulmane par nos collectivités (Etat, ville, Région, Département) », tout en notant que « l’Islam est aujourd’hui la deuxième religion de France ».

Si se présenter comme un ardent défenseur d’un lobby religieux n’est pas hélas une nouveauté parmi les hommes politiques, on peut quand même remarquer que l’argument du nombre est fondamentalement étranger aux valeurs républicaines françaises. Justifier l’octroi de privilèges à une communauté religieuse sous prétexte de son importance est totalement antinomique au principe d’égalité des citoyens. Et si les parlementaires républicains de 1905 l’avaient repris à leur compte, la religion catholique serait toujours aujourd’hui une religion d’Etat.

Cela ne gène pas M.Maranzana qui en appelle sans vergogne à la loi républicaine de séparation des églises et de l’Etat. D’après le journal, il rappelle que la loi de 1905 « prévoit également la possibilité à chacune et chacun de pratiquer avec dignité son culte(…) Par ailleurs, c’est aussi au nom de cette loi que nos communes, l’Etat et parfois le Département contribuent à réaliser, financer et entretenir nos églises ». On tombe là dans l’amalgame frauduleux. La loi de 1905 n’a pas vécu plus d’un siècle sans subir des attaques répétées. A l’origine, elle laissait uniquement à la charge des communes "le clos et le couvert" des bâtiments construits avant 1905 ; en ce qui concerne les subventions, l’article 19 ne prévoyait qu’une exception : les bâtiments classés monument historiques. Or, sur ce sujet, l’une des modifications majeures est un amendement imposé par l’Etat de Vichy avec sa loi du 25 décembre 1942. Cette loi était une gratification pour la bienveillance de la hiérarchie catholique qui avait accueilli le régime de Pétain comme « une divine surprise ».

Et M.Maranzana de conclure : « C’est au nom de ce principe que je ne peux être en accord avec les propos tenue par la section socialiste de Toulon… ».

Nous expliquer qu’il faut financer une mosquée avec des fonds publics au nom de la loi de séparation est une escroquerie intellectuelle si l’on oublie de préciser que l’article 19 que l’on utilise n’a pas été adopté par les parlementaires républicains en 1905… mais rédigé par Pétain en 1942.

La Fédération nationale de la Libre Pensée a engagé depuis plus d’un an une campagne pour l’abrogation de cette loi pétainiste. Dans une lettre au président de l’Assemblée nationale et aux présidents des groupes parlementaires, la Fédération nationale de la Libre Pensée explique :

"Le maréchal Pétain a, en son temps, profité de l’effondrement de la République et de l’occupation du pays pour tenter de redonner au clergé, qui soutenait l’Etat collaborationniste, des avantages matériels interdits par l’article 2 de cette loi.

C’est du 25 décembre 1942 que date, par provocation, une loi de Vichy qui prévoit, s’agissant des associations cultuelles : « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés monuments historiques. »

Cette loi qui a gravement altéré l’article 19 de la loi du 9 décembre 1905 n’a pas été abrogée à la Libération. Elle n’est toujours pas abrogée. C’est une loi de la Collaboration qui s’applique en lieu et place de la laïcité !

Cette loi permet l’entretien des centaines d’édifices cultuels construits depuis 1905 et qui enrichissent le patrimoine privé des religions. Cette loi est utilisée pour mettre à la charge des deniers publics une partie des sommes nécessaire au financement des édifices cultuels construits par telle ou telle religion, dont les protecteurs politiques financent ensuite l’entretien par le biais de ces subventions pétainistes.

Des milliers de citoyens ont soutenu cette demande démocratique et laïque visant à défendre le principe de séparation des Eglises et de l’Etat. C’est pourquoi nous sollicitons une entrevue… etc ».

Les camarades qui désirent soutenir cette démarche ou recevoir des informations complémentaires peuvent nous écrire à :

Libre Pensée (Fédération Varoise) – Boîte Postale 821 – 83051 Toulon Cedex

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