Débat sur le contexte politique et social

, par  Emancipation 83

Le congrès académique a débattu du contexte politique et social ; c’était un des textes soumis au débat.
Emancipation a proposé un autre texte, qui partait de deux nécessités :
- la nécessité de rupture avec le néo-libéralisme, ses politiques et ses institutions.
- la nécessité de préserver l’indépendance syndicale et les revendications dans le contexte actuel.
Ci-dessous le text d’Emancipation, alternatif à celui de la direction nationale. Résultat du vote : texte Unité & Action = 70 voix, texte Emancipation = 6 voic, Abstention = 6.

Texte Emancipation :
Le contexte dans lequel s’inscrit le congrès

Le capitalisme prospère. La globalisation de son modèle et de son mode de fonctionnement ont renforcé son pouvoir, son influence et sa vigueur.

En effet, la croissance du marché mondial demeure élevée. De fait, les richesses créées par le travail de la majorité des salariés continue de tomber entr les mains d’une petite minorité d’hommes qui régule la vie de milliards d’individus.

Dans ce contexte de mondialisation, les capitalistes ont opté, en vue de raffermir leur puissance et leur mainmise sur le marché, pour des associations et/ou regroupements d’Etats : ALENA, Mercosur, Union Européenne... Ils ont mis en place des institutions (OMC, FMI, Banque Mondiale...) leur permettant de légitimer cette emprise.

Mais cette unité et cette cohésion ne sont que de façade car, sur le marché, la concurrence fair rage et ces dernières années ont vu l’émergnce de nouvelles puissances ou de puissances en devenir (Chine, Inde, Brésil...) bousculant l’ordre mondial.

Dans ce contexte, les classes dominantes des pays de l’Union Européenne se doivent de rester compétitives. Son élargissement pose également la question de son renforcement si elle veut lutter à armes égales avec les Etats-Unis et autres grandes puissances.

La tendance est donc depuis une vingtaine d’années, à un politique de « baisse du coût du travail », notamment par des coupes drastiques et sans concession dans le poids de la dépense publique des Etats : Education, Santé, Sécurité sociale... sont remises en cause et mises à mal.

En France, cela se concrétise notamment par des attaques sur les droits des travailleurs, la casse des statuts et d’importantes suppressions de postes de fonctionnaires.

Concrètemen c’est l’Education Nationale qui est aujourd’hui la plus durement touchée, en premier lieu ses personnels et, par conséquent, la jeunesse, tous obligés de subir les politiques capitalistes et leurs effets néfastes. Cela soulève la question de l’opposition de forces sociales dominées.

Le capitalisme est actuellement le seul modèle de société. Des fractions du syndicalisme et du mouvement altermondialiste sont tentées de s’y adapter, ne proposant que de modifier à la marge les régressions en cours. Dans le même temps les mobilisations populaires se développent, porteuses de remises en cause et de ruptures avec le modèle dominant. Elles posent la question de la convergence du mouvement ouvrier et syndical avec les divers mouvements sociaux d’émancipation. Elles sont porteuses d’alternatives politiques et de nouveaux rapports de pouvoirs, antagoniques aux institutions et aux politiques du capitalisme globalisé.

Le congrès du SNES considère ainsi que le syndicalisme a un rôle important dans le contexte actuel, celui de mener les luttes – avec d’autres mouvements sociaux - pour donner un espoir aux travailleurs subissant l’exploitation et les dominations. Le SNES, syndicat majoritaire au sein des personnels du second degré, entend défendre dans ce cadre les intérêts des personnels. Il estime que cela impose au syndicalisme de maintenir son indépendance par rapport à tous les pouvoirs, afin de permettre l’action autonome des travailleurs :
- indépendance par rapport aux gouvernements, aux échéances électorales
- indépendance par rapport aux partis politiques, groupes religieux et lobbies
- indépendance par rapport aux institutions, en particulier celles visant à intégrer les organisations syndicales dans le cadre des instances de « dialogue social » visant avant tout à co-gérer les régressions en cours et à neutraliser le rôle revendicatif du syndicalisme.

Le rôle du syndicalisme dans le contexte actuel est par conséquent de porter la perspective du changement des rapports de pouvoir au profit des travailleurs, perspective porteuse de nouveaux droits, de nouvelles institutions, d’un nouveau projet de société en rupture avec le système capitaliste.

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