syndicalisme international : le SNES et la Confédération Syndicale Internationale

, par  Emancipation 83

La FSU dont le SNES fait partie, consulte ses adhérent-e-s sur la possiblité d’adhérer à la nouvelle Confédération Syndicale Internationale (CSI).
Il est clair pour nous que c’est un structure de syndicalisme d’accompagnement, qui n’apporte rien voire qui peut entraver les luttes.
Le congrès académique du SNES a connu un premier débat sur le sujet. Tandis que la direction "Unité & Action" flanquée de l’ "Ecole Emancipée" étaient pour, Emancipation et d’autres militants UA s’y sont opposés avec des arguments autrement plus fournis.
Voici le résultat des votes : texte Unité & Action = 71 voix, texte Emancipation = 10 voix, Abstention = 12.
Le débat continue !

Amendement Emancipation :
Confédération Syndicale Internationale

Le SNES est favorable à la construction d’une solidarité syndicale internationale, qui doit prendre des formes concrètes. Il estime que la nouvelle Confédération Syndicale Internationale ne remplit pas les conditions permettant d’atteindre cet objectif :
- par ses positions ; le SNES estime qu’une action syndicale efficace au niveau mondial nécessite de remettre en cause le système international actuel ; ce qui implique la rupture avec les plans d’ajustement structurel du FMI, la lutte contre les délocalisations, contre la libéralisation promue par l’AGCS et les traités de libre-échange... revendications concrètes qui ne sont pas reprises par la CSI.
- par son type de syndicalisme ; pour le SNES, l’internationalisme passe avant tout par le soutien aux luttes existantes, quand par exemple des sections syndicales sont en bute à des multinationales. Il ne saurait se satisfaire de faire du « dialogue social » institutionnel avec les institutions internationales (BM, FMI, ONU...) la démarche privilégiée pour améliorer les conditions de vie des salariés.
- par son fonctionnement ; le SNES rappelle son attachement au fédéralisme et à la pleine expression des débats d’orientation dans le cadre du mouvement syndical, et refuse une organisation fondée sur le centralisme. Il considère en outre que les mandats revendicatifs majeurs de la FSU sur les questions européennes et internationales (par exemple sur le TCE) ne sauraient être remis en cause par une adhésion à la CSI et à sa structure régionale (CES). Il regrette que les statuts de la CSI soient contradictoires avec ces exigences.
- par sa réalité sur le terrain ; le SNES relève que l’essentiel des actions de solidarité syndicale internationale est le fait des Fédérations Syndicales Internationales existantes, et peuvent tout à fait se poursuivre par ce biais.

Le SNES est favorable au regroupement, en vue de mobilisations communes, de toutes les forces syndicales (quelle que soit leur affiliation) qui combattent les politiques libérales décidées au niveau européen ou mondial. Il s’y associera en fonction du contenu revendicatif des initiatives proposées, et estime que les cadres syndicaux existants le permettent déjà. Par conséquent, il considère que l’adhésion de la FSU à la CSI ne s’impose pas. En tout état de cause, ce type de décision doit être tranché dans la plus grande transparence et à partir d’un débat syndical démocratique : la consultation de tous les syndiqués qui est prévue dans la Fédération sur cette question, doit permettre l’expression de toutes les sensibilités existantes (Syndicats Nationaux, Sections Départementales et tendances).

Brèves Toutes les brèves