La précarité : une priorité de l’action syndicale

, par  Emancipation 83

Motion Emancipation :

La précarité : une priorité de l’action syndicale

pour la solidarité entre travailleurs

La précarité est une atteinte inacceptable à la dignité et aux droits des travailleurEs. Elle constitue l’une des formes les plus brutales de l’exploitation et de l’aliénation capitalistes : les plus touchéEs sont les femmes, les jeunes, les immigréEs et les sans papiers. Dans le contexte actuel, elle constitue aussi la nouvelle norme pour les salariés, que voudraient imposer patronat et gouvernement : elle est donc développée de façon délibérée, pour disposer d’une main d’œuvre peu chère, taillable et corvéable à merci, aux capacités de résistance collective amoindrie, notamment par l’individualisation des contrats de travail, le poids des hiérarchies locales - encore aggravé dans notre secteur par la décentralisation - et les menaces qui pèsent sur celles et ceux qui essaient de s’organiser pour lutter.

La précarité se décline aujourd’hui sous des formes de plus en plus dégradantes et iniques à travers le plan de cohésion sociale , les lois Fillon , Robien , d’égalité des chances , de prévention de la délinquance … qui mettent en œuvre la "refondation sociale" voulue par le MEDEF : casse des garanties sociales, des statuts et du Code du Travail , attaque en règle et privatisation des services publics…

En utilisant, dans ces derniers, toujours davantage de non titulaires, assurant de plus en plus de fonctions, sur des emplois de plus en plus précaires, les gouvernements successifs se sont forgé un puissant levier pour attaquer les salaires et les statuts (annualisation, alourdissement des horaires et des fonctions, remise en cause des corps…).

Pour le SNES il est urgent que l’ensemble du mouvement syndical prenne la mesure de la situation, et fasse de la lutte contre la précarité une priorité :
- sur la revendication de titularisation immédiate et sans condition de concours ni de nationalité de touTEs les précaires. Cette titularisation peut se faire, pour beaucoup, dans les corps de fonctionnaires existants ou, en cas de nouveaux métiers, par intégration directe dans des corps à créer : dans ce cas, le SNES veillera à ce que ces créations soient faites avec le souci de l’unification des corps et non d’une hiérarchie entre les personnels.
- par ailleurs, aucun règlement juste de la question de la précarité ne peut se faire sans la réintégration de tous les personnels licenciés.
- cette titularisation doit s’accompagner de l’arrêt du recrutement sous « statut » précaire, et en maintenant un fort recrutement par concours externes, qui reste la forme la plus démocratique de recrutement, pour celles et ceux qui n’ont jamais été employéEs dans la Fonction Publique.

Le SNES considère qu’il est de la responsabilité des organisations syndicales de porter ces revendications et de tout mettre en œuvre pour créer le rapport de force suffisant pour leur satisfaction :
- par la mise en cohérence revendicative dans le public et dans le privé, pour donner à cette mobilisation un caractère interprofessionnel. La lutte contre la précarité est en effet au cœur de beaucoup de luttes, c’est pour toutes et tous une lutte pour la dignité, dans l’ensemble du monde du travail, public ou privé. Dans les entreprises, les travailleurEs se battent contre les licenciements et pour l’embauche définitive des personnels intérimaires ou en contrat à durée déterminée. C’est la même logique revendicative qui doit guider les travailleurEs des fonctions publiques.
- par des formes de mobilisation mettent en mouvement sur cette question à la fois les titulaires et les précaires. Dans cette optique, des structures réalisant l’unité syndicale et l’unité des catégories (titulaires comme précaires) peuvent permettre de mettre en place des l’ensemble des actions de solidarité concrète, d’abord sur chaque lieu de travail, mais aussi en participant au développement ou à la création de collectifs contre la précarité. Le SNES proposera aux autres organisations syndicales de mettre en place ensemble de telles structures. Dans l’immédiat, le SNES décide de soutenir par des moyens financiers ces collectifs (et notamment la Coordination Nationale des Précaires de l’Education), de populariser leurs luttes, d’y participer activement et de concourir à ce qu’elles débouchent sur une mobilisation intersyndicale de grande ampleur contre la précarité.

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