Votez "NON" à l’adhésion à la CSI ! - débat au SNES sur le syndicalisme international :

, par  Emancipation 83

Qui n’est pas favorable à l’internationalisme ?
C’est sur ce thème que la direction de la FSU et celle du SNES ont commencé à lancer le débat sur l’affiliation internationale de la FSU et donc du SNES : faut-il adhérer à la "Confédération Syndicale Internationale" (CSI) et à la "Confédération Européenne des Syndicats" (CES) ?
Malgré une volonté de passage en force, la direction de la FSU doit quand même organiser une consultation des syndiqu-é-s avant toute décision.
A Émancipation, nous sommes contre une telle adhésion, et surtout nous cherchons à susciter le débat le plus large possible chez les militant-e-s.
Nous donnons ici des éléments sur le débat à ce sujet lors du congrès académique du SNES : voir cet article
C’est pourquoi, aussi, nous invitons les gens intéressés à se reporter aux éléments qui se trouvent sur le site national d’Émancipation.

Voici le texte d’Émancipation 83 qui sera publié dans la presse du SNES, pour contribuer au débat.

Contribution de la tendance "Émancipation"{{}}

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Tous ensemble, pour voter "NON"{{}}

à l’adhésion du SNES à la CSI !

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Une nouvelle organisation syndicale internationale est apparue : la CSI (Confédération Syndicale Internationale), fusion de la CISL social-démocrate et de la CMT d’origine chrétienne. Au congrès de la FSU, notre direction nationale a tenté un passage en force, pour adhérer immédiatement et sans débat à cette organisation.

Quels seraient les vrais enjeux d’un tel choix, et quelles seraient ses conséquences ?

La CSI n’est pas un bon outil pour défendre nos droits :

Nous sommes tous/toutes d’accord : il faut mettre fin à l’hégémonie du FMI, de la Banque Mondiale et des multinationales qui imposent privatisations, précarité, la pauvreté, saccage de l’environnement... et pour cela impulser une action coordonnée des salariéEs de tous les pays.
Au-delà des mots, la CSI ne combat pas les politiques libérales : dans son Programme , rien sur le soutien aux luttes populaires contre les délocalisations ou les accords de libéralisation, sur la défense des services publics, les droits des salariés dans les pays pauvres.
Ensuite, la CSI ne remet pas en cause le système international fondé sur la domination des pays riches (américain notamment), se contentant de vouloir un “dialogue social” avec le FMI, l’ONU... dont on a vu l’absence de résultats ces dernières années.
Au total un syndicalisme proche de celui de la direction de la CFDT, plutôt un lobby qu’une force d’action. Ainsi F. Chérèque (CFDT) représente le syndicalisme français à la tête de la CSI !

Syndiqué-e-s du SNES, pensez-vous que ce syndicalisme-là est celui dont nous avons besoin pour défendre le service public et nos droits, nos statuts, nos conditions de travail ?

Construire concrètement, au quotidien,
la solidarité internationale :

Bien sûr il faut être réalistes, agir avec d’autres organisations même quand il y a des désaccords... nous le faisons d’ailleurs tous les jours.
On nous dit que la CSI est le seul cadre pour des actions de solidarité internationale, cet argument est une imposture. Depuis longtemps des syndicats pratiquent la solidarité internationale et n’ont pas besoin de la CSI pour cela ; ils sont organisés et agissent dans les Fédérations Syndicales Internationales : Fédération des transports, de l’Education, etc…Et puis d’autres forces agissent réellement elles aussi sur le terrain.

Comme on le voit, il y a largement de quoi faire sur le terrain international, la CSI au mieux n’apporte rien… mais elle peut en revanche nous desservir.

Un choix qui aurait des conséquences négatives :

Dernier argument, on nous explique qu’il s’agirait de changer de l’intérieur la CSI. Ce n’est pas très sérieux : comment avec 150000 syndiqués, la FSU pourrait-elle influencer des structures représentant des dizaines de millions de membres, avec des centaines de permanents syndicaux inamovibles ?! Au contraire, la FSU et le SNES risquent de se voir imposer des revendications contraires aux intérêts des syndiqué-e-s. D’autant plus que la CSI est tout sauf démocratique : dans ses statuts, il est prévu que les comptes-rendus de ses débats ne soient pas publiés ni diffusés !

Nous n’avons donc pas besoin d’une CSI inefficace et génératrice d’illusions, mais d’une union des syndicats, vraiment indépendante et solidaire des luttes !

Pour un syndicalisme international concret et efficace,

votons NON à l’adhésion à la CSI !

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