congrès national & académique du SNES : contributions aux débats

Dans le cadre de la préparation de ses congrès académiques et national, le SNES publie des cahiers de contributions aux débats.
Nous publions ci-dessous deux contributions de militant-e-s Emancipation du Var.

1) À des attaques sur tous les fronts, opposons une résistance multiforme !{{}}

Depuis quelques années, des formes de désobéissance civile et de non-violence active se sont développées à tous les niveaux (local, national, mondial). C’est le cas en France des actions des faucheurs volontaires d’OGM, des occupations (ASSEDIC, établissements scolaires…), de la résistance à l’expulsion des élèves sans papiers... Le SNES doit prendre davantage en compte ces pratiques de lutte. En effet, sans relativiser les formes d’action plus traditionnelles du mouvement ouvrier (grève, notamment reconductible, manifestations, occupation…) elles peuvent enrichir les formes d’action syndicale :
- par une appropriation collective de la lutte et de ses formes par les personnels concernés à partir du niveau local, stimulant ainsi l’implication individuelle dans la lutte, mais aussi les débats et la prise de conscience sur les enjeux des mobilisations
- par leur capacité à peser sur l’opinion publique, grâce à la médiatisation des mouvements et leur capacité d’entraînement ;
- par leur capacité à légitimer l’action syndicale à un niveau de masse : la légitimité du mouvement social est affirmée, même quand il s’oppose à la légalité existante.

Pour cela, il importe que le syndicalisme prenne toute sa place dans la mise en place de ce type d’action, et les intègre dans le cadre de la démarche revendicative :
- par la mise en place de stages SNES et/ou FSU de formation aux diverses techniques de désobéissance civile et d’action non violente ;
- par la promotion et la médiatisation de campagnes de blocages administratifs et de grève du zèle ;
- par la mise en place de soutiens juridiques en amont et en aval de ces actions, notamment lorsqu’elles sont confrontées à la répression de plus en plus accentuée à l’encontre du mouvement social.

C’est pourquoi le SNES doit encourager le développement de ces pratiques militantes, susceptibles, qui plus est, d’entraîner une plus large syndicalisation.{{}}

Nathalie Vivé, collège de Barjols (83),
Émancipation{{}}


2) La question des pratiques syndicales : le rapport aux luttes

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Le rapport préparatoire au thème 3 se centre sur nos pratiques syndicales, mais s’intéresse plus au fonctionnement de la structure SNES – de l’appareil pourrait-on dire – qu’aux rapports aux personnels et à leurs luttes : voulons-nous un outil pour agir et gagner sur les revendications, ou simplement se féliciter d’être "représentatifs" ?

Ce qui pose la question du rapport aux luttes des personnels, et aux structures qu’ils se donnent dans le cours de ces luttes. En partant donc des pratiques syndicales à la base, au plus près du terrain.

Syndicats et structures de luttes
Les luttes qui ont remporté des victoires, même partielles, ces dernières années (Seine-Saint-Denis en 1998, mouvement anti-CPE …) ont montré l’importance des Assemblées Générales des catégories concernées, AG elles-mêmes regroupées en coordinations, comités de grève...

C’est là en effet que se joue l’unité y compris intersyndicale, grâce aux débats et à l’appropriation collective de la lutte. Par exemple pour la décision collective du type de revendications à porter prioritairement, des actions nécessaires pour obtenir satisfaction, et pour le contrôle de la mise en oeuvre des mandats revendicatifs.

Cette implication directe des personnels dans la construction et l’organisation du mouvement social doit cesser d’être considérée comme une défiance envers les syndicats, qui ont un rôle spécifique à jouer : en apportant leurs propositions, leur implantation dans les différents établissements, leur capacité à populariser et étendre la mobilisation, à diffuser l’information.

Le rôle du SNES : donner aux personnels les moyens de s’auto-organiser !
Il ne s’agit pas seulement d’avoir un S1 dans chaque établissement, il s’agit aussi de leur permettre d’entraîner dans l’action les collègues :
- en encourageant la création et le fonctionnement d’une assemblée générale dans chaque établissement ; la participation active des structures du SNES aux assemblées générales peut être moteur de mobilisation, mais aussi un facteur de dynamisme pour le SNES lui-même.
- en aidant ces AG à se coordonner (du niveau local au niveau national) pour créer une véritable dynamique et étendre les mouvements ; en les aidant aussi à fonctionner démocratiquement (délégué-e-s mandaté-e-s).

Qui peut mieux diriger et faire aboutir une lutte, que les personnels en lutte ? Poser la question, c’est y répondre...

Quentin Dauphiné, collège d’Aups (83), Émancipation

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